La France et le Tchad renégocient leur coopération militaire. Cette reprise des discussions survient un an et demi après le départ de près de mille soldats français du Tchad. Les deux parties cherchent un modèle différent de leur présence passée.
Les négociations actuelles visent à remplacer les bases françaises permanentes. Paris propose des contingents mobiles réduits. Ces forces interviendraient uniquement à la demande explicite des autorités tchadiennes. Le nouveau format serait donc plus discret et flexible.
Un entretien entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby en janvier dernier a lancé ce processus. La rencontre à l’Élysée a permis d’esquisser les grandes lignes du futur accord. La coopération aérienne constituerait le premier domaine rétabli. Les forces terrestres suivraient dans un second temps.
Plusieurs aspects précis sont en discussion. Des instructeurs français pourraient former des militaires tchadiens sur le sol tchadien. L’aide en matière de renseignement ferait également partie des sujets abordés. Ces éléments figurent dans les échanges actuels entre experts des deux pays.
Ce changement de modèle s’observe ailleurs en Afrique. La France a fermé ses bases au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Tchad. Elle abandonne le concept de grandes installations fixes. À la place, elle déploie de petites missions flexibles. Ces missions répondent aux besoins exprimés par les partenaires africains.
Pour Paris, ce retour discret au Tchad représente un enjeu stratégique. La France tente de conserver une présence militaire et politique en Afrique centrale. Elle doit composer avec une série de revers récents. L’objectif est d’éviter de provoquer un rejet anti-français ouvert.
Pour le régime de N’Djamena, l’accord présente aussi des avantages. Le Tchad obtient un accès à la formation, au renseignement et au soutien technique. Ces bénéfices s’acquièrent sans susciter de vives critiques intérieures ou régionales. La discrétion du nouveau partenariat sert les intérêts des deux parties.
Le Tchad conserve une position géographique cruciale au Sahel. Le pays contrôle le transit régional et des frontières sensibles. Il partage des limites avec la Libye, le Soudan, le Niger et la République centrafricaine. Cette situation fait du Tchad un partenaire stratégique pour toute puissance cherchant une influence dans la zone.






