Football africain : le mot « sauvage » de Schweinsteiger relance un vieux débat

Football africain : le mot « sauvage » de Schweinsteiger relance un vieux débat

Le 21 juin 2026, Bastian Schweinsteiger commentait Allemagne-Côte d’Ivoire sur ARD. L’ancien champion du monde a qualifié le jeu ivoirien de « peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tactique ». Aucun membre du plateau n’a réagi. Aucune excuse n’a été présentée depuis.

Cette phrase a suscité des critiques. Philipp Awounou, journaliste au Spiegel, a rappelé que le terme « sauvage » renvoie à des représentations coloniales. Patrick Schnitzler, chercheur, a souligné que ces clichés ne correspondent pas à la réalité du football africain actuel.

La Côte d’Ivoire est championne d’Afrique en titre. Son staff est professionnel. Son jeu n’est ni moins tactique ni moins orthodoxe que celui des équipes européennes. Ces propos ne sont pas une opinion. Ils décrivent un fait objectif.

Ce n’est pas un incident isolé. En 1990, les commentateurs européens parlaient de « naïveté joyeuse » pour Roger Milla. En 2002, le Sénégal a battu la France. On a attribué cette victoire au physique, pas à la tactique de Bruno Metsu. En 2010, l’Uruguay a éliminé le Ghana sur une main. L’Europe a salué l’intelligence de Suarez, sans parler d’injustice. En 2022, le Maroc a atteint les demi-finales. Les médias ont loué sa solidité défensive, mais ont distingué cette qualité d’une vraie tactique.

Le problème n’est pas la malveillance individuelle. C’est un système de représentation qui associe le football africain à l’instinct et au corps. Le football européen serait lié à la pensée et à la stratégie. Schweinsteiger n’a pas inventé ce système. Il en est le produit. Mais en 2026, ce produit ne peut plus rester inconscient.

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