FESTIC 2026 : la communauté Bissa à l’honneur à Ouagadougou

La 7e édition du Festival des identités culturelles (FESTIC) a débuté le 14 mai 2026 à Ouagadougou. Pendant quatre jours, la communauté Bissa est mise en avant. Ce groupe est surnommé les « gens de l’arachide ». La Nuit de la résilience a permis d’explorer sa culture.

Le thème de l’édition est « Les identités culturelles à l’ère du village planétaire ». Wendlassida Ouédraogo, promoteur du festival, s’est dit satisfait des premiers échanges. Il espère que chaque participant repart avec un savoir nouveau. Ce savoir pourra ensuite être partagé autour de soi.

Le Premier ministre de Sa Majesté Naaba Koom de Garango a exprimé sa surprise. Il a appris des éléments qu’il ignorait, même en tant que chef coutumier. Il a remercié les organisateurs pour ces apports.

Le sociologue Jack-Serre Balboné a retracé l’origine des Bissa. Selon des données orales et des écrits, ce peuple viendrait d’Égypte ancienne. Leur langue et certains arts se retrouvent jusqu’en Afrique du Sud. L’ancêtre des Bissa serait arrivé d’Assouan, en Égypte, en suivant le Nil. Plusieurs vagues ont conduit ce peuple au Burkina Faso.

Jack-Serre Balboné a aussi évoqué l’organisation sociale. Les noms de villages sont liés à des patronymes. Par exemple, Torla évoque les familles Bancé. Léda renvoie aux Zampaligré. Asséma correspond aux Zakané et Daboné. Il a insisté sur un point : il n’existe pas de chef suprême en pays Bissa. Il y a des chefs centraux ou cantonaux. Cette société privilégie le management plutôt que le commandement.

Le Colonel-major Amado Dabré a présenté des données démographiques. Les Bissa sont environ 2 millions de personnes. Au Burkina Faso, ils sont 1,6 million. La diaspora compte 250 000 personnes au Ghana, 200 000 en Côte d’Ivoire, 12 000 au nord du Togo, ainsi que des communautés au Nigeria et en Italie. Ce peuple a une vocation agro-pastorale et une forte migration internationale.

La diaspora Bissa est dynamique. Les départs ont commencé depuis la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ensuite, la prospérité économique a poussé vers l’Europe, surtout l’Italie. De là, des Bissa ont migré vers l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les États-Unis. Le Colonel-major Dabré a noté l’apport social et économique de ces migrants. La solidarité et l’éveil de conscience sont des atouts. La majorité des fonds rapatriés vient d’Afrique, le Ghana fournissant 42 %, puis l’Europe, notamment l’Italie.

Le Colonel-major Dabré a conclu sur l’avenir. Les éléments incitatifs aux départs sont nombreux. La jeunesse Bissa est entreprenante et ignore les politiques xénophobes. Cette dynamique ne semble pas près de s’arrêter.

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