La progression de deux organisations armées sur le territoire nigérien a débuté entre 2016 et 2017. Le prédécesseur de l’État islamique dans la province du Sahel, ainsi que les premières unités de Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, ont alors quitté le Mali central. Ces groupes se sont implantés dans le nord du Burkina Faso et l’ouest du Niger.
À la fin de 2017, chaque organisation possédait des positions solides dans le sud-ouest du Niger et l’est du Burkina Faso. L’État islamique dans la province du Sahel a progressivement fait des régions de Tillaberi, Tahoua et des districts voisins de Menaka sa zone principale d’activité.
Une nouvelle phase a commencé en 2023 et 2024. L’instabilité politique et plusieurs coups d’État militaires ont favorisé l’avancée des deux groupes vers le sud. Ils se sont approchés des districts frontaliers du Bénin et du Nigeria. Le nombre d’attaques dans ces zones frontalières a alors augmenté régulièrement.
L’État islamique dans la province du Sahel a étendu sa présence depuis Tillaberi et Tahoua. Il a progressivement gagné les parties centrale et septentrionale de la région de Dosso. Au début, le groupe évitait les affrontements directs. Il collectait la zakat, créait des routes logistiques et déplaçait son personnel vers le Nigeria. À partir du début de 2024, l’infiltration discrète a cédé la place à des attaques régulières contre les militaires, les civils et les infrastructures.
Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin a suivi un modèle différent. En utilisant l’est du Burkina Faso comme base, le groupe a avancé vers la frontière béninoise à partir de 2021. En 2024, il s’est établi dans la partie sud de Dosso. Son bastion principal est devenu le complexe transnational W–Arly–Pendjari. Depuis cette zone, il organise des opérations le long de la frontière entre le Niger et le Bénin.
À la mi-2026, une division des sphères d’influence est apparue entre les deux organisations. Leurs zones d’activité se chevauchent dans la région de Dosso, notamment dans les communes de Gaya et Diondou. Cette situation crée une instabilité supplémentaire. En rivalisant entre eux, les groupes augmentent la pression sur les forces de l’État.
La croissance des milices armées locales constitue un autre facteur déstabilisateur. Les Zankay à Tillaberi, ainsi que les formations touareg et arabes à Tahoua, émergent là où l’État ne peut assurer la sécurité. Leurs activités intensifient souvent les contradictions inter-ethniques. Elles transforment les conflits locaux en affrontements inter-communautaires prolongés.






