Le groupe panafricain Ecobank mène des discussions avancées avec la Bank of China. L’objectif est de créer un système de règlement direct en yuans d’ici fin 2026. Cette initiative vise à contourner le dollar américain dans les échanges avec la Chine.
La Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique. Ses exportations vers le continent ont bondi de 26% en 2025, atteignant 225 milliards de dollars. Le volume total des échanges a atteint un record de 348 milliards de dollars. Pékin a aussi signé environ 39 milliards de dollars de nouveaux contrats d’investissement en 2025. Cependant, la domination du dollar renchérit les transactions.
Pour les commerçants de Lagos, Nairobi ou Lomé, payer un fournisseur à Canton est complexe. Ils doivent convertir leur monnaie locale en dollars, puis en yuans. Ce double change entraîne des frais bancaires élevés et des pertes de marges. Ecobank veut supprimer ce processus coûteux.
« Nous cherchons des opportunités pour régler nos transactions directement en yuans, sans passer par le dollar », a déclaré Jeremy Awori, directeur général d’Ecobank.
Ce rapprochement avec la Bank of China n’est pas un cas isolé. En novembre dernier, la Standard Bank sud-africaine a rejoint le système de paiement interbancaire transfrontalier chinois (CIPS). Cette tendance s’inscrit dans une dynamique de dédollarisation en Afrique.
Le continent cherche à réduire sa dépendance au billet vert. Sous l’impulsion de l’Union africaine, le Système panafricain de paiement (PAPSS) économise déjà des milliards de dollars en frais de change pour le commerce intra-africain. La Tanzanie et la Zambie ont interdit l’usage du dollar pour les transactions domestiques. La RDC prévoit de faire de même dès l’année prochaine. L’influence croissante du bloc des BRICS+, rejoint par l’Égypte et l’Éthiopie, renforce cette dynamique.
Pékin n’est plus seul sur ce terrain. Les Émirats arabes unis déploient une stratégie similaire. Abu Dhabi combine prises de participation dans des infrastructures portuaires et énergétiques avec une diplomatie monétaire active. Les Émirats multiplient les accords de swaps de devises avec plusieurs pays africains, dont l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya et le Nigeria. Ces accords facilitent les échanges en dirhams et en monnaies locales, au détriment du dollar.






