Dr Joachim Tankoano, bâtisseur du numérique burkinabè

Le Burkina Faso doit une partie de sa transformation numérique à Joachim Tankoano. Né le 14 avril 1951 à Fada N’Gourma, il fait partie des premiers informaticiens africains formés en Occident. Il obtient une maîtrise à l’Université de Montréal en 1978. Puis il décroche un doctorat d’État en sciences mathématiques à Nancy I en 1988. Après avoir enseigné à Nancy II et à l’Institut africain d’informatique de Libreville, il rentre au Burkina en 1990.

Sa mission consiste alors à créer l’École supérieure d’informatique (ESI) de l’Université de Ouagadougou. Il élabore les programmes, recrute les enseignants et établit les concours d’entrée. L’ESI forme depuis plusieurs générations d’ingénieurs et de spécialistes des TIC. En 1993, il participe à l’obtention du domaine Internet .bf pour le Burkina. Cette avancée fait du pays l’une des premières nations africaines connectées. Il organise aussi le deuxième Colloque africain sur la recherche en informatique en 1994.

Nommé Délégué général à l’informatique en 1995, avec rang de ministre, il conduit les réformes numériques majeures du pays. Il supervise le deuxième Plan directeur informatique national. Il met en place le premier Plan NICI d’Afrique, dédié aux infrastructures d’information et de communication. Il élabore la Cyberstratégie nationale. Il intègre le numérique dans tous les secteurs de développement. Entre 2006 et 2008, en tant que ministre des Postes et des TIC, il co-supervise la privatisation partielle d’ONATEL. Il lance les réflexions sur le backbone national en fibre optique. Il modernise le réseau RESINA de l’administration publique. Il introduit le WiMAX dans les réseaux publics. Il rédige des textes sur la société de l’information et la lutte contre la cybercriminalité. Il fonde l’Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC).

Cette contribution lui vaut la distinction de « Grand Homme du Numérique », remise cette semaine. Son travail continue d’influencer les politiques actuelles. Le Burkina avance dans sa transformation digitale grâce à ses fondations.

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