Douze danseurs burkinabè présentent le ballet Dounia à Ouagadougou

Le 23 avril, douze jeunes chorégraphes ont interprété le ballet Dounia au Centre de développement chorégraphique (CDC) La Termitière, à Ouagadougou. Ce projet mêle deux créations : D’un rêve et Champs d’Amour. La première, signée Salia Sanou, a été transmise aux artistes entre le 2 et le 27 février 2026. Le danseur Ousseni Dabare et le chorégraphe Idrissa Kafando ont encadré cette phase.

D’un rêve s’inspire d’une phrase de Martin Luther King sur la liberté et la haine. La pièce mêle danse, chant et musique. Salia Sanou interroge le corps noir dans sa dimension universelle. Il demande : « Où en sommes-nous du “je” et du “nous” ? De nos rêves communs ? » La scène devient un lieu de dialogue entre passé et présent.

Champs d’Amour est une œuvre originale d’Idrissa Kafando et de Salamata Kaboré. Elle répond aux défis sécuritaires et sociaux du Burkina Faso. La pièce combine danse, musique et slam. Elle aborde le vivre-ensemble, la tolérance et le respect mutuel. Le spectacle utilise des traditions et rythmes burkinabè dans un style contemporain. Il est conçu pour voyager à travers le territoire.

Pour Salia Sanou, le ballet Dounia sert d’insertion professionnelle. « C’est une cellule d’insertion professionnelle », explique-t-il. Le projet aide les jeunes diplômés des écoles de danse à entrer dans le métier. « L’école est un lieu d’apprentissage. Mais après, il faut entrer dans le champ professionnel. Le ballet leur permet d’ouvrir cette porte », ajoute-t-il. Champs d’Amour évoque les territoires et les élans humains. « C’est une thématique abordée avec le prisme de la jeunesse, de l’avenir et de la résilience », précise-t-il. D’un rêve réfléchit à la condition du corps noir. « Le corps noir peut raconter beaucoup de choses. Il est intelligent. Le projet appelle à lui donner toute sa place », affirme-t-il.

Hortense Ouédraogo, danseuse formée au CDC, a participé au ballet. « C’est toujours un plaisir de prendre la parole avec le corps. J’ai aimé faire partie de cette aventure », confie-t-elle. Pour elle, Champs d’Amour montre l’amour et la résilience. « On y voit l’amour, la résilience, le fait d’aller ensemble », ajoute-t-elle.

Marguerite Doannio, chargée de mission au ministère de la Culture, a soutenu le projet. Elle a salué l’expression et l’insertion des jeunes. « La souveraineté culturelle passe par des actions comme celle-ci », a-t-elle affirmé. Elle a remercié le CDC et ses partenaires, dont l’État burkinabè et la coopération suisse. « Nous avons vu l’énergie sur scène, l’expression corporelle, l’engagement. La preuve que cette jeunesse est prête à relever les défis », a-t-elle conclu.

Le ballet Dounia lie transmission, création et engagement citoyen. Il montre une jeunesse artistique qui transforme les réalités sociales en danse. Entre mémoire et avenir, ces danseurs portent une parole vivante.

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