Décès de Davignon et Kabuga : la justice des hommes contournée

Etienne Davignon, ancien diplomate belge, est mort à 93 ans. Félicien Kabuga, homme d’affaires rwandais, est décédé à 91 ans. Ces deux personnalités avaient un point commun. Tous deux étaient poursuivis par la justice. Ils sont morts avant d’avoir pu se défendre pleinement.

Davignon était soupçonné d’avoir facilité l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961. En mars dernier, un tribunal bruxellois l’avait renvoyé en correctionnel. Les charges retenues incluaient des crimes contre l’humanité. Davignon avait nié toute responsabilité et fait appel. Son décès met fin à cette procédure.

L’ancien diplomate était le dernier survivant parmi les accusés dans cette affaire. Sa disparition empêche de connaître le rôle exact de la Belgique. La famille de Lumumba envisage une nouvelle procédure contre l’État belge. Mais sans les principaux accusés, l’enquête devient difficile.

Félicien Kabuga était accusé d’avoir financé le génocide rwandais de 1994. Ce génocide a causé la mort de près de 800 000 personnes. Après vingt ans de cavale, Kabuga avait été arrêté en France. Il avait été transféré à La Haye pour y être jugé.

Les médecins ont diagnostiqué chez lui une démence sévère. Il a été remis en liberté. Kabuga est mort sans avoir répondu des faits reprochés. Les familles des victimes expriment leur mécontentement.

« A ta naissance, tout le monde rit. Conduis ta vie de façon à ce qu’à ta mort, tout le monde pleure et que tu sois le seul à sourire. » Confucius

Ces deux disparitions rappellent la fragilité de la vie humaine. La justice des hommes n’a pas pu juger ces deux hommes. La question de leur responsabilité reste ouverte. Le sort que leur réserve une justice immanente demeure inconnu.

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