Crypto-actifs en Afrique : opportunités et défis pour les États

Les actifs numériques transforment peu à peu le paysage financier mondial. En Afrique de l’Ouest, leur usage progresse rapidement, surtout chez les jeunes. Beaucoup y voient une réponse au chômage et aux difficultés d’accès au crédit. D’autres utilisent ces monnaies pour des transferts d’argent moins coûteux.

Pourtant, cette adoption rapide comporte des risques sérieux. Les arnaques, la cybercriminalité et l’absence de régulation menacent les utilisateurs. Selon un rapport de la Banque mondiale de janvier 2022, la BCEAO classe les crypto-actifs comme des actifs hautement spéculatifs. Leur volatilité et les risques de blanchiment d’argent sont préoccupants.

Le Togo figurait en 2021 au neuvième rang mondial pour l’adoption de ces actifs. La BCEAO réfléchit à l’émission d’une monnaie numérique de banque centrale. Cette monnaie viserait à moderniser les paiements tout en renforçant l’identification numérique. L’open banking permettrait un partage sécurisé des données financières.

Une conférence internationale se tiendra le 8 mai 2026 à Dakar. Son thème : « Crypto-actifs et innovations numériques : opportunités et défis pour la stabilité monétaire et financière ». Des gouverneurs de banques centrales, des superviseurs et des experts y participeront.

Les crypto-actifs reposent sur la blockchain, un registre numérique transparent. Le Bitcoin, créé en 2009, reste la monnaie la plus connue. Depuis, des milliers d’autres sont apparues. Les stablecoins, adossés à des monnaies réelles, limitent les variations de valeur.

L’intérêt des Africains pour ces actifs s’explique par plusieurs raisons. L’exclusion bancaire touche une grande partie de la population. Un smartphone et une connexion internet suffisent pour effectuer des opérations financières. Les transferts internationaux coûtent souvent cher ; les cryptomonnaies proposent des alternatives rapides et moins onéreuses. Les jeunes sont attirés par les possibilités de gains rapides, mais la volatilité reste un danger.

Les banques centrales africaines sont confrontées à un défi de taille. Si les monnaies numériques privées se généralisent, le contrôle des États sur les systèmes financiers pourrait diminuer. Cela affecterait les politiques monétaires visant à maîtriser l’inflation. Les risques de blanchiment d’argent et de financement d’activités illégales sont également préoccupants. Pour l’UEMOA, la stabilité financière régionale est un enjeu stratégique.

La conférence de Dakar abordera plusieurs sujets : les innovations numériques, les stablecoins, la régulation des crypto-actifs, la cybersécurité et la protection des données. La coopération régionale face aux nouveaux risques numériques sera aussi discutée.

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