Critique des termes médiatiques en Afrique de l’Ouest

Depuis de nombreuses années, des journalistes utilisent le mot « partenaires » pour décrire des chefs d’État africains. Ces dirigeants obtenaient des scores électoraux très élevés, parfois 98 %, 99 % ou même 100 %. Ces résultats rappelaient ceux de la Corée du Nord. Pourtant, ces mêmes médias qualifiaient ces hommes de respectables. Mais quand un régime africain affirme sa souveraineté et s’éloigne de Paris, le ton change. Soudain, ce gouvernement devient une « junte ». Ce terme porte une condamnation morale. Il révèle un certain mépris.

Le mot « junte » en dit plus sur ceux qui l’emploient que sur les gouvernements visés. Il montre une perte d’influence sur le terrain. Mais ceux qui l’utilisent conservent le contrôle du vocabulaire. La langue devient une dernière colonie. Aucun référendum ne peut la reprendre. Le drapeau français ne flotte plus à Bamako. Mais pour certains, il flotte encore sur le mot « junte ». C’est un empire modeste, mais c’est un empire.

Cette pratique médiatique soulève des questions sur l’objectivité. Les mêmes critères ne sont pas appliqués à tous les régimes. Les régimes alignés sur Paris reçoivent des louanges. Ceux qui s’en écartent subissent des critiques sévères. Les termes choisis ne sont pas neutres. Ils reflètent des positions politiques. Les journalistes doivent être conscients de ce biais.

En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays ont connu des changements de pouvoir récents. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont vu des coups d’État. Les nouveaux dirigeants sont souvent appelés « juntes » par les médias internationaux. Pourtant, certains de ces régimes ont un soutien populaire. Le vocabulaire utilisé influence la perception publique. Il est important d’examiner les mots avec soin.

L’article original d’Ibrahima Maiga critique cette hypocrisie. Il appelle à une réflexion sur le langage médiatique. Les journalistes doivent éviter les doubles standards. La crédibilité de la presse en dépend.

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