Coupe du monde 2026 : Politiciens et football, une relation tendue

Le football reste le sport le plus suivi sur la planète. En période de Coupe du monde, personne ne veut paraître indifférent. Les politiciens aiment particulièrement la lumière des projecteurs. Ils cherchent souvent à commenter l’actualité sportive. Les journalistes les interrogent volontiers sur le football. Pourtant, ces responsables manquent parfois de la finesse d’un Michael Olise. Ses passes décisives font la différence sur le terrain.

Deux figures politiques ont récemment fait parler d’elles. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s’en est pris à Neymar. Il a déclaré que l’attaquant ne jouait même pas. Lula a ironisé sur le fait que Neymar faisait du télétravail en sélection. Le joueur est pourtant blessé et en récupération. Il pourrait disputer le prochain match du Brésil. Lula avait déjà tenté d’influencer l’entraîneur Carlo Ancelotti. Il lui demandait de choisir les joueurs sur le talent, pas la popularité. Cette remarque visait indirectement Neymar, très suivi sur les réseaux. Neymar compte 100 millions d’abonnés sur Instagram et 99 millions sur Facebook. Beaucoup de Brésiliens critiquent sa vie privée. Le président partage cette opinion pour des raisons politiques. Neymar avait soutenu Jair Bolsonaro lors de la dernière élection présidentielle. Chaque citoyen a le droit de voter librement. Cela ne devrait pas affecter sa carrière sportive. Neymar possède encore des dribbles et des buts utiles pour son pays.

Au Sénégal, Ousmane Sonko a aussi fait parler de lui. Il est président de l’Assemblée nationale et attend de devenir chef de l’État. Avant un match amical France-Sénégal, il a donné son pronostic. Sonko a choisi le Sénégal, puis a ajouté un commentaire politique. Il a affirmé que, quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui gagne. Il faisait référence aux origines africaines de certains joueurs français. Il leur retirait ainsi leur nationalité française et leur choix de jouer pour la France. Cette position rejoint celle de l’extrême droite française. Éric Zemmour prétend que l’équipe de France ne représente pas la France. Sonko a tenu un discours similaire. Pourtant, de nombreux joueurs binationaux participent à cette Coupe du monde. La France, l’Allemagne, les États-Unis ou le Canada en comptent plusieurs. Dans l’équipe du Sénégal, une dizaine de joueurs sont nés en France. Le Maroc a aligné onze joueurs nés à l’étranger pour son premier match. Cette diversité apporte un éclat supplémentaire à la compétition. Des talents qui ne trouveraient pas leur place ailleurs rebondissent dans d’autres sélections. Cela renforce le niveau global du tournoi.

Au lieu de critiquer la France, il faudrait saluer la qualité de sa formation. La France est le premier pays d’origine des 1 248 joueurs engagés. Elle a fourni 99 joueurs, soit 8 % des athlètes. Les Pays-Bas en comptent 67, l’Allemagne 50, l’Angleterre 49. Sans les binationaux, Curaçao ne se serait pas qualifié. Cette petite île de 160 000 habitants a 25 joueurs nés aux Pays-Bas sur 26. Reprocher à la France d’avoir des joueurs d’origine africaine est un combat dépassé. Un politicien qui le fait ne devrait pas non plus faire appel à sa diaspora. Chaque joueur doit pouvoir utiliser ses talents là où on a besoin de lui. Cela permet d’assister à de beaux matchs et réalise le rêve de chaque footballeur.

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