Coupe du Monde 2026 : le Maroc éliminé par la France en quarts de finale

Coupe du Monde 2026 : le Maroc éliminé par la France en quarts de finale

Dix équipes africaines ont participé à la Coupe du Monde 2026. Neuf ont atteint les huitièmes de finale. Cinq sont allées en seizièmes. Une seule, le Maroc, est parvenue en quarts. Le parcours s’est arrêté là. La France a battu le Maroc 2-0 à Philadelphie. Les chiffres montrent une domination française nette. Le Maroc n’a eu qu’une frappe cadrée. Son expected goals était de 0,14. Mais ces statistiques ne racontent pas tout.

Le 14 décembre 2022, au stade Al-Bayt d’Al-Khor, le Maroc avait déjà perdu 2-0 contre la France en demi-finale. Quatre ans plus tard, le scénario se répète. Le contexte a changé. En 2022, le Maroc était la surprise de la compétition. C’était la première demi-finale africaine de l’histoire. Personne n’attendait cette équipe. En 2026, le Maroc est arrivé avec un statut différent. Il était quart-de-finaliste en titre. Il était tête de série. Il ne surprenait plus. Il s’affirmait.

Le parcours du Maroc en Amérique du Nord a été solide. Un match nul 1-1 contre le Brésil, avec un but de Saibari. Une victoire 1-0 contre l’Écosse. Un succès 4-2 contre Haïti. En huitièmes de finale, le Maroc a éliminé les Pays-Bas aux tirs au but. Yassine Bounou a été décisif. En seizièmes, le Maroc a battu le Canada 3-0. Azzedine Ounahi a marqué deux fois. La France a ensuite mis fin à cette aventure. Didier Deschamps a préparé son plan avec soin. Il a laissé le Maroc avoir le ballon dans ses trente mètres. Il a fermé les couloirs où Hakimi et Mazraoui excellent. Il a frappé en transition. Kylian Mbappé a raté un penalty en première période. Bounou l’a détourné. Mbappé a marqué à la 60e minute. Ousmane Dembélé a marqué six minutes plus tard. Deux buts ont suffi.

Cette défaite ne raconte pas toute l’histoire. Elle montre une évolution. Entre 2022 et 2026, le Maroc a changé. L’équipe de Walid Regragui a montré un jeu plus construit. Plus de possession. Des séquences travaillées. Saibari a brillé au milieu. Ounahi a dicté le tempo. Le continent africain a progressé. Le 8 juin 1990, le Cameroun avait battu l’Argentine 1-0 à Milan. C’était le premier choc. Trente-six ans plus tard, l’Afrique ne se contente plus de chocs. Elle construit. 51 buts africains dans cette Coupe du Monde. Un record. Neuf des dix représentants africains ont atteint la phase à élimination directe. Un autre record. Le Cap-Vert, la RD Congo et l’Afrique du Sud ont participé aux huitièmes pour la première fois. L’Égypte a poussé l’Argentine dans ses retranchements, perdant 3-2. Le Sénégal est tombé en prolongation contre la Belgique, 3-2. La Côte d’Ivoire a frôlé l’exploit contre la Norvège, perdant 2-1. Ce n’est plus une lutte inégale. C’est un duel. Le duel est perdu, mais il a eu lieu.

Une question demeure. Pourquoi l’Afrique n’atteint-elle toujours pas les demi-finales ? Les explications sont multiples. Le tirage au sort n’a pas aidé. Le Maroc a affronté la meilleure équipe de France depuis 1998. Les calendriers et la préparation jouent un rôle. Il y a une raison plus profonde. L’Afrique produit des joueurs talentueux. Hakimi au PSG. Salah à Liverpool. Brahim Díaz au Real Madrid. Elle ne produit pas encore assez de collectifs rodés. Les réserves de remplaçants capables de changer un match sont insuffisantes. Les staffs techniques manquent d’expérience dans les grandes compétitions. Ce n’est pas une fatalité. C’est un chantier. La CAF a obtenu dix places pour ce format à 48 équipes. Patrice Motsepe, président de la confédération, a plaidé pour cela. La prochaine étape est la profondeur. Vingt-six joueurs capables de tenir tête aux meilleurs.

Il reste une image. Achraf Hakimi, capitaine à 27 ans, traverse la pelouse de Philadelphie. Il salue les supporters marocains. Des milliers de drapeaux rouges avec une étoile verte. Il ne pleure pas. Il lève les bras. Il applaudit. Un geste de grâce dans la défaite. Dans les tribunes, des pères tiennent leurs fils par l’épaule. L’Afrique ne demande plus la permission d’exister sur le terrain. Elle vient prendre sa place. Philadelphie, 9 juillet 2026, n’est pas une fin. C’est un palier.

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