Consommer local au Burkina : la responsabilité du producteur

La troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique s’est tenue du 26 au 9 avril 2026. Elle portait le slogan ‘Mon assiette, ma fierté’. Les autorités ont relayé un message clair. Elles encouragent les Burkinabè à consommer local. Cette action se poursuit avec le Mois du Patrimoine burkinabè. Celui-ci dure du 18 avril au 18 mai 2026. L’objectif est de maintenir une dynamique positive. La population apprécie déjà les produits locaux. On les trouve dans les cérémonies et les restaurants. Les familles les utilisent aussi régulièrement. Cette habitude répond à des enjeux socio-économiques importants. Cependant, une dimension essentielle mérite plus d’attention. Le producteur reste le premier maillon de la chaîne. Sa responsabilité est fondamentale. Il doit adopter des pratiques culturales conformes. Les normes sanitaires doivent être respectées. Cela rassure le consommateur final. Les agents de l’agriculture fournissent des conseils constants. Malgré leurs efforts, des pratiques inadéquates persistent. Certains producteurs utilisent des pesticides non homologués. D’autres en font un usage excessif. Ces actions peuvent présenter des risques pour la santé. Une saisie récente le confirme. Les autorités ont intercepté 45 tonnes d’herbicides frauduleux. Leur valeur dépasse 163 millions de francs CFA. Un agent agricole a rapporté une anecdote significative. Lors d’une visite inopinée, son équipe a senti une odeur forte. Elle a interrogé un paysan sur les produits utilisés. Celui-ci a d’abord tenté d’esquiver. Il a finalement sorti des boîtes vides cachées.

Comme ce n’est pas pour manger, c’est pour vendre

a-t-il déclaré. Ce cas n’est pas nécessairement représentatif. Il révèle cependant un problème réel. Les mauvaises pratiques touchent divers produits. Les céréales, fruits et légumes sont concernés. Les produits transformés n’y échappent pas non plus. Tout le monde est donc potentiellement exposé. Le message du consommer local doit donc évoluer. Il doit intégrer pleinement le producteur. Les transformateurs et commerçants sont aussi concernés. Des campagnes de sensibilisation ciblées seraient bénéfiques. Elles profiteraient aux consommateurs et aux acteurs économiques. L’État en tirerait également avantage. Produire local est un devoir patriotique. Le faire avec conscience en est un autre. La qualité des produits constitue le point de départ. Les autorités portent cet idéal. Les producteurs doivent se sentir interpellés. Ils doivent bien produire et bien transformer. L’exhortation à consommer local n’est pas un acquis. Elle ne doit pas conduire à la complaisance. Cette exigence est fondamentale pour l’avenir. Les produits locaux visent aussi le marché international. La qualité doit devenir une marque burkinabè. Cet objectif est tout à fait réalisable. Amadou Diallo, chef du service des pesticides, rappelle une règle.

Pour utiliser un pesticide, il faut voir si c’est nécessaire et justifié

. La route est encore longue. Le travail des agents sur le terrain le prouve. La promotion du consommer local est une bonne chose. Elle doit s’accompagner d’une responsabilisation accrue. Chaque maillon de la chaîne a un rôle à jouer. La cohérence de l’ensemble en dépend.

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