Le gouvernement burkinabè a annoncé une régulation des frais de scolarité dans les établissements privés. Cette mesure débutera à la rentrée scolaire et universitaire 2026. Les secrétaires généraux de trois ministères ont tenu une conférence de presse à Ouagadougou le 14 juillet 2026. Ils ont exposé les raisons et les objectifs de cette réforme.
Des missions de contrôle ont révélé des pratiques abusives dans plusieurs écoles privées. Les augmentations de frais étaient parfois sans justification. Des frais d’inscription déraisonnables ont été imposés. L’obligation d’acheter des fournitures à des prix élevés a aussi été constatée. Ces dérives ont fragilisé de nombreuses familles.
« Ces dérives, qui se développent en dehors de tout cadre harmonisé, fragilisent de nombreuses familles. Pour assurer la continuité de la scolarité de leurs enfants, de nombreux parents sont acculés à des endettements critiques (prêts, ventes de biens, renoncement à d’autres dépenses essentielles) tandis que d’autres se voient contraints de retirer leurs enfants du système scolaire ou de les orienter vers les établissements ne correspondant pas toujours à leurs attentes. Cette situation compromet le principe d’égalité des chances et porte atteinte au droit fondamental à l’éducation », ont révélé les conférenciers.
La réforme vise plusieurs objectifs précis. Elle entend protéger le pouvoir d’achat des familles. L’accessibilité à l’éducation doit être garantie pour tous. Une transparence totale dans la fixation des coûts est recherchée. Le secteur doit être assaini pour éviter les conflits entre promoteurs et parents. Enfin, un climat de confiance mutuelle sous la régulation de l’État doit être consolidé.
Les établissements privés sont désormais classés en trois catégories. Ces catégories tiennent compte de critères objectifs spécifiques à chaque niveau d’enseignement. Pour le préscolaire et le primaire, la zone d’implantation, le niveau d’investissement et la qualité éducative sont pris en compte. Au post-primaire et secondaire, s’ajoutent le type d’établissement et le niveau d’enseignement. Dans le supérieur, les plafonds dépendent de la nature des formations (LMD, BTS, sciences médicales, etc.), du niveau d’études et de la qualité de l’offre.
Cette régulation ne cherche pas à pénaliser les acteurs privés. Elle veut instaurer un équilibre entre deux exigences légitimes. D’un côté, permettre aux établissements de fonctionner de façon viable économiquement. De l’autre, protéger les familles contre les abus et garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants. Les frais d’hébergement en internat seront fixés après échanges entre promoteurs et administration publique.
Le gouvernement invite tous les acteurs à s’impliquer pour la réussite de cette réforme. Il cite les structures étatiques, les promoteurs, les enseignants, les parents, les organisations de la société civile et les médias. Les détails du classement et des plafonds sont précisés dans un arrêté joint.






