Burkina Faso : symposium sur les savoirs locaux contre les microbes

La deuxième édition du Symposium national sur la résistance aux antimicrobiens a commencé le 29 mai 2026. L’événement se déroule à l’université Joseph-Ki-Zerbo, à Ouagadougou. Il a été ouvert le 28 mai. Le thème choisi est la valorisation des savoirs endogènes et de l’innovation pour une riposte durable. Pendant trois jours, des communications orales, des conférences et des tables-rondes sont prévues. Les participants doivent proposer des idées concrètes pour éclairer les décisions publiques.

Le président du comité d’organisation, le professeur Abdoul Salam Ouédraogo, a rappelé que la résistance aux antimicrobiens menace la santé humaine, animale et environnementale. Elle affecte aussi la sécurité alimentaire. Il a déclaré :

« Silencieuse dans sa progression, elle réduit l’efficacité des traitements, compromet les progrès réalisés en médecine moderne et accentue la vulnérabilité de nos populations. Cette situation très préoccupante traduit la pertinence et l’urgence du combat que nous devons mener ensemble à travers des approches innovantes, inclusives et adaptées à nos contextes locaux. »

Le professeur Ouédraogo a remercié les autorités pour leur soutien. Il a expliqué que ce symposium offre un espace de réflexion et d’échanges scientifiques. Il permet de discuter des stratégies de prévention selon l’approche « Une seule santé ». Il a ajouté :

« Elle nous offre l’opportunité de mettre en lumière la richesse de nos savoirs endogènes, de promouvoir la recherche locale et d’encourager les innovations capables de renforcer durablement notre réponse nationale. La valorisation des connaissances traditionnelles, lorsqu’elle est encadrée par la rigueur scientifique et soutenue par des politiques appropriées, peut contribuer significativement à la découverte de solutions nouvelles, accessibles et durables pour la santé de nos populations. »

Le ministre délégué chargé des Ressources animales, Dr Amadou Dicko, représentait le ministre de l’Agriculture. Il a souligné que la résistance aux antimicrobiens est une menace sanitaire grave du 21e siècle. Ce phénomène compromet les progrès de la médecine moderne. Il fragilise les systèmes de santé et menace la sécurité alimentaire. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, cette résistance cause des millions de décès chaque année. Sans mesures fortes, elle pourrait devenir une cause majeure de mortalité d’ici 2050. Dr Dicko a félicité les organisateurs. Il a rappelé que le Burkina Faso a déjà pris des actions. Le pays a adopté un Plan d’action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Des mécanismes multisectoriels de coordination ont été mis en place. Des initiatives de sensibilisation au bon usage des antimicrobiens existent. Les capacités des professionnels de santé humaine et animale ont été renforcées. Ces mesures réduisent les risques liés à l’usage inapproprié des antibiotiques. Elles luttent aussi contre la circulation de médicaments de qualité inférieure.

Le directeur général de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique, Dr Issiaka Soulama, a précisé que ce symposium répond aux recommandations de la première édition, tenue en mars 2024. Les participants avaient alors suggéré un symposium tous les deux ans. La première édition portait sur les défis et les actions communes. Cette deuxième édition se concentre sur les savoirs endogènes. Il s’agit d’exploiter ce que le pays possède naturellement et traditionnellement. Le parrain, professeur Harouna Ouédraogo, a salué l’événement. Il espère que les travaux produiront des recommandations utiles pour renforcer la riposte.

Précédent

Sénégal : deux ans de Pastef entre tensions et inquiétudes

Suivant

Douane burkinabè : 120 milliards FCFA de recettes en mai