Burkina Faso : meilleur score contre l’ingérence du tabac en 2025

L’association Afrique contre le Tabac (ACONTA) a présenté le rapport 2025 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac au Burkina Faso. Ce document analyse les relations entre les fabricants de tabac et les autorités publiques. Il révèle comment ces entreprises cherchent à influencer les décisions politiques. Leurs actions nuisent souvent à la santé des populations.

Le questionnaire utilisé comporte vingt questions réparties en sept catégories. Ces indicateurs mesurent la réponse des gouvernements aux tactiques de l’industrie du tabac. Ils s’appuient sur l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Les domaines évalués incluent la participation de l’industrie aux politiques publiques, ses actions de responsabilité sociale, les avantages reçus, les interactions superflues, la transparence, les conflits d’intérêts et les mesures de protection.

Le Burkina Faso participe pour la quatrième fois à cet indice. En 2025, le pays se classe huitième mondial sur cent pays et troisième africain sur vingt. En 2023, il occupait la onzième place mondiale et la quatrième africaine. Cette progression montre la volonté des autorités de protéger la santé publique.

« Le Burkina participe pour la quatrième fois à l’élaboration de l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac. Cette édition 2025 se distingue particulièrement par le classement honorable de notre pays. En effet, sur 100 pays évalués à l’échelle mondiale et 20 au niveau africain, notre pays occupe respectivement les 8e et 3e rang. Alors qu’à l’édition précédente, en 2023, le Burkina occupait la 11e place au plan mondial et 4e au niveau africain. Cette performance témoigne d’une volonté affichée des autorités à protéger la santé publique et, partant, à éviter toutes formes d’ingérence de l’industrie du tabac dans la mise en œuvre des politiques de lutte anti-tabac », a déclaré Adama Zango, coordonnateur d’ACONTA.

L’association estime que des défis subsistent. Elle recommande l’adoption du projet de loi révisée sur la lutte contre le tabac, conforme à la CCLAT. Ce texte doit inclure les produits nouveaux et émergents.

« Sur ce point, nous félicitons déjà l’engagement de l’OMS aux côtés du ministère de la Santé, parce qu’à la date du 22 avril 2026 à Ouagadougou, une rencontre de plaidoyer avec les parlementaires, dont le retour donne un réel motif de satisfaction au regard des engagements qui ont été pris. C’est l’occasion pour nous, acteurs de la société civile, de remercier, une fois de plus, l’engagement des parlementaires en faveur de la protection de la santé publique à travers la lutte anti-tabac », a commenté M. Zango.

La deuxième recommandation concerne l’adoption d’un décret sur la prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac. ACONTA salue le travail du ministère de la Santé et du programme national de lutte contre le tabac. Un document sur les conflits d’intérêts dans le secteur public a été élaboré. Son but est d’empêcher l’industrie d’utiliser des agents publics pour affaiblir les politiques antitabac.

La troisième recommandation porte sur le conditionnement neutre des produits du tabac. La quatrième demande plus de moyens humains, matériels et financiers pour le programme national. Ces ressources permettraient une collaboration avec la société civile, comme le prévoit la CCLAT. L’objectif est de protéger les générations actuelles et futures des effets sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques du tabac.

Le Burkina a également obtenu une victoire judiciaire contre l’industrie du tabac. Une décision de justice a condamné une entreprise pour violation des règles sur la publicité. ACONTA considère cette décision comme une jurisprudence importante. Elle confirme l’interdiction de la publicité pour le tabac dans le pays.

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