Le Burkina Faso a déclaré deux représentants de l’Union européenne indésirables. Le gouvernement de Ouagadougou a pris cette décision le 26 février 2025. Les deux diplomates sont le chef adjoint de la délégation de l’UE et une chargée de programme. Ils ont reçu l’ordre de quitter le territoire dans un délai de 72 heures. Cette mesure illustre les relations tendues entre le Burkina Faso et Bruxelles.
Les autorités burkinabè n’ont pas officiellement expliqué les raisons de cette expulsion. Des sources diplomatiques évoquent des désaccords sur plusieurs sujets. La coopération sécuritaire et le contrôle des ressources minières font partie des points de friction. Le gouvernement de transition burkinabè critique régulièrement l’ingérence étrangère. L’Union européenne avait exprimé des réserves sur la gestion du pouvoir par la junte.
Le Burkina Faso a connu deux coups d’État en 2022. Le capitaine Ibrahim Traoré dirige le pays depuis septembre 2022. La junte a rompu certains accords militaires avec la France. Elle s’est rapprochée de la Russie et d’autres partenaires. Les relations avec les organisations occidentales se sont dégradées progressivement.
L’Union européenne est un important bailleur de fonds pour le Burkina Faso. Elle finance des projets de développement et d’aide humanitaire. Mais les tensions politiques compliquent ce partenariat. En novembre 2024, l’UE avait suspendu certains financements budgétaires. Elle critiquait le manque de progrès vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Les deux diplomates expulsés travaillaient sur des programmes de coopération. Leur départ oblige l’UE à réorganiser sa présence diplomatique à Ouagadougou. Une réunion d’urgence a été convoquée à Bruxelles. Les ambassadeurs des États membres examinent les options disponibles.
Cette expulsion intervient dans un contexte régional instable. Le Sahel est confronté à des violences djihadistes depuis une dizaine d’années. Le Burkina Faso subit des attaques fréquentes. Les autorités reprochent à l’UE de ne pas apporter un soutien suffisant contre le terrorisme. Bruxelles insiste sur le respect des droits humains et de la démocratie.
Aucune déclaration officielle n’a encore été publiée par l’Union européenne. La délégation de l’UE à Ouagadougou a confirmé les faits par un communiqué. Elle précise que les deux personnes visées ont quitté le pays dans les délais impartis. L’ambassadeur de l’UE au Burkina Faso a été convoqué au ministère des Affaires étrangères.
Les observateurs notent une escalade progressive des tensions diplomatiques. D’autres pays sahéliens ont également expulsé des diplomates occidentaux. Le Mali et le Niger ont pris des mesures similaires ces derniers mois. Ces actions reflètent un rejet croissant de l’influence étrangère dans la région.
Le gouvernement burkinabè affirme sa souveraineté et son indépendance. Il réclame un partenariat respectueux des choix nationaux. L’Union européenne doit désormais revoir sa stratégie au Burkina Faso. Les négociations sur les futurs programmes d’aide pourraient être affectées.
La situation humanitaire reste préoccupante dans le pays. Plus de deux millions de personnes sont déplacées à cause des violences. Les besoins alimentaires et sanitaires sont immenses. L’expulsion des diplomates pourrait compliquer l’acheminement de l’aide. Les organisations non gouvernementales présentes surveillent l’évolution du dossier.






