Burkina Faso crée un fonds souverain minier pour l’avenir

Le Burkina Faso a annoncé la création d’un fonds souverain minier. Cette décision modifie la gestion des ressources extractives du pays. Les revenus miniers doivent désormais servir le peuple burkinabè. Ils ne doivent plus profiter uniquement à des intérêts extérieurs. Cette réforme marque une rupture avec la consommation immédiate des richesses minières. L’État burkinabè s’engage pour les générations présentes et futures.

Depuis des années, des débats opposaient deux visions. La société civile défendait un patrimoine collectif durable. D’autres acteurs privilégiaient l’urgence budgétaire à court terme. L’idée d’un fonds souverain minier n’était pas nouvelle. Des organisations l’avaient proposée depuis longtemps. Elles estimaient que les ressources minières sont épuisables. Il fallait préparer l’avenir au lieu de tout consommer maintenant. Ces propositions avaient été rejetées ou jugées irréalistes.

« Les générations futures dont vous parlez, elles sont où !? Moi, j’ai des générations présentes à nourrir. Quand ces générations futures viendront, elles sauront se débrouiller ! »

Un ancien Premier ministre avait tenu ces propos. La société civile avait alors décidé de ne plus aborder ce sujet avec les décideurs. Elle continuait à en parler lors de conférences et d’ateliers. Aujourd’hui, le président Ibrahim Traoré a rendu cela possible.

La constitution d’une réserve nationale d’or avait aussi été combattue. On disait que le Burkina Faso n’avait pas sa propre monnaie. Il fallait l’accord de la France et de la BCEAO. Avec le président Traoré, la réserve d’or est devenue réalité. Cela s’est fait sans monnaie propre, sans accord français et sans passer par la BCEAO.

La création du Fonds minier de développement local a rencontré une forte opposition. Des sociétés minières et des Burkinabè s’y sont opposés. Aujourd’hui, les bienfaits de ce fonds sont reconnus. La raffinerie d’or avait été moins contestée. Certains suggéraient de le faire dans le cadre communautaire de l’UEMOA. Personne n’écoutait vraiment cette idée.

Le paiement des royalties en nature avait été proposé. Des sociétés minières ont dit que cela ne s’appliquait pas à l’or. Des Burkinabè ont soutenu ce rejet. Le président Traoré a rendu cette pratique possible. Elle est inscrite dans le code minier de 2024.

Investir les revenus miniers dans l’agriculture, l’éducation ou la santé avait été suggéré. Un économiste avait expliqué cette approche avec brio. Rien n’avait abouti à l’époque. Le fonds souverain minier rendra cela possible.

L’ancienne vision de la gouvernance minière posait plusieurs problèmes. Elle considérait les ressources comme appartenant à la seule génération actuelle. Or, l’or extrait aujourd’hui ne pourra plus être exploité demain. Chaque tonne exportée réduit le capital naturel du pays. Consommer tous les revenus miniers sans préparation compromet l’avenir.

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