Burkina : Dr Daniel Sorgho explique les causes de la dépression

Le Dr Daniel Sorgho, médecin psychiatre au CHU Yalgado Ouédraogo, apporte des éclaircissements sur la dépression. Cette maladie se distingue d’une simple tristesse passagère. L’humeur normale oscille entre plaisir et déplaisir. La dépression fixe l’humeur dans le déplaisir de façon durable. Cette tristesse pathologique dure au moins deux semaines. La perte de capacité à ressentir du plaisir est un signe central. D’autres symptômes apparaissent souvent, comme l’anxiété ou un ralentissement général. Certaines personnes deviennent au contraire très agitées. La culpabilité, le regret et le désespoir sont fréquents. L’avenir paraît alors très sombre.

Dans le contexte burkinabè, les signes physiques mènent souvent à l’hôpital. L’insomnie, la fatigue constante et les maux de tête sont courants. L’appétit diminue et la libido baisse. Des idées suicidaires peuvent surgir. Le passage à l’acte est une complication grave. La dépression a des causes multiples. Le Dr Sorgho les regroupe en trois catégories. Les facteurs biologiques incluent la génétique. Un jeune avec des antécédents familiaux de troubles mentaux est plus vulnérable. Les facteurs psychologiques comprennent une faible estime de soi. La tendance à se dévaloriser augmente le risque. Certains traits de personnalité comme le pessimisme jouent un rôle. Une hypersensibilité au stress ou des difficultés à gérer les émotions sont aussi des facteurs. Les addictions, avec ou sans substances, aggravent la vulnérabilité. La dépendance aux écrans ou aux paris sportifs en ligne est concernée.

Les facteurs sociaux sont le troisième groupe. Un climat familial conflictuel favorise la dépression. La négligence et les difficultés socioéconomiques sont des risques. Les traumatismes physiques, psychologiques ou sexuels sont à considérer. Les échecs scolaires et le harcèlement, y compris en ligne, pèsent lourd. Les événements de vie négatifs comme le deuil ou les ruptures amoureuses fragilisent. L’isolement social et la stigmatisation accroissent le mal-être. Le rapport aux réseaux sociaux est un aspect important pour les jeunes. Ces plateformes offrent du soutien mais exposent à la comparaison. Un jeune peut alors croire que sa vie est un échec. Les signes d’alerte pour les proches sont nets. Les plaintes d’insomnie sur plusieurs jours sont à prendre au sérieux. L’irritabilité soudaine et les crises de larmes doivent inquiéter. Chez les jeunes actifs, la baisse du rendement scolaire ou professionnel est un signal. Le désinvestissement et l’isolement social sont des indicateurs forts. La perte d’intérêt pour les loisirs habituels est un signe clé.

« La dépression est multifactorielle, il n’y a pas qu’un seul facteur qui conduit à être dépressif », explique le Dr Sorgho.

Cette déclaration résume la complexité de la maladie. Une prise en charge précoce reste essentielle pour éviter des conséquences lourdes.

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