L’association Afrique contre le tabac (ACONTA) a organisé un atelier de formation à Ouagadougou. La session s’est déroulée le 17 juillet 2026. Elle s’est tenue en partenariat avec la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF). Ce travail s’inscrit dans le projet PRECI-ACONTA.
Les responsables de la société civile ont reçu des informations sur les dangers sanitaires du tabac. Ils ont aussi étudié la réglementation interdisant de fumer dans les lieux publics. Un module a porté sur l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé. Les participants ont également échangé sur les implications de leur engagement citoyen. Ils ont ensuite défini une cartographie d’actions à mener ensemble.
Le coordonnateur d’ACONTA, Adama Zango, a ouvert la rencontre. Il a rappelé que le tabagisme reste une menace évitable pour la santé mondiale. Chaque année, plus de 3 200 décès au Burkina sont liés au tabac. Les coûts des maladies associées dépassent 29 milliards de francs CFA. M. Zango a souligné les engagements du Burkina : ratification de la Convention-cadre de l’OMS et adoption de lois protectrices. Mais les défis persistent. L’industrie du tabac utilise des stratégies d’ingérence. Une partie des citoyens méconnaît les textes. La sensibilisation reste insuffisante et la coordination des acteurs doit être améliorée. Il a déclaré :
« Face à cette réalité, le Burkina Faso a pris des engagements importants, en ratifiant la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac, et en adoptant un arsenal juridique destiné à protéger les populations. Toutefois, les défis restent nombreux. Les stratégies d’ingérence de l’industrie du tabac, la méconnaissance des textes par une partie des citoyens, les insuffisances en matière de sensibilisation et la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs appellent une réponse collective, forte et durable. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le présent atelier, dont l’ambition est de renforcer les connaissances, les compétences et les capacités d’action des organisations de la société civile, afin qu’elles jouent pleinement leur rôle de veille citoyenne, de plaidoyer, de sensibilisation et de mobilisation communautaire. (…). La lutte antitabac ne peut être gagnée par les seuls pouvoirs publics. Comme le souligne l’article 4.7 de la Convention-cadre de l’OMS, la participation active de la société civile est indispensable à l’atteinte des objectifs du traité. Les acteurs de la société civile sont des relais de proximité, des défenseurs de l’intérêt général qui sont, de ce fait, à même de susciter un véritable changement de comportement au sein de nos communautés. »
Parmi les formateurs figuraient Eric Doyé, coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac, et la magistrate Hassana Traoré. Les participants ont approfondi les fondements de la Convention-cadre de l’OMS. Ils ont mieux cerné les tactiques de l’industrie du tabac. Ils ont maîtrisé le cadre juridique national. Des échanges ont porté sur les conséquences sanitaires et socio-économiques du tabagisme. Une réflexion collective a eu lieu sur les stratégies de mobilisation sociale les plus efficaces.
Adama Zango a félicité les autorités burkinabè pour leurs efforts en matière de textes et de contrôles. Il a cité des résultats récents : le Burkina occupe le 8e rang mondial et le 3e rang africain dans l’indice de résistance à l’ingérence de l’industrie du tabac (2025). La Cour d’appel de Ouagadougou a condamné l’industrie du tabac pour publicité illicite. ACONTA s’était constituée partie civile. M. Zango a estimé que cette décision renforce l’image du pays à l’international.
L’atelier s’est déroulé dans un contexte de plaidoyer pour l’adoption de nouveaux textes. Un décret sur la prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac est attendu. Un arrêté sur le conditionnement neutre des produits du tabac est aussi en préparation. Adama Zango a alerté sur les nouveaux produits comme les cigarettes électroniques et le tabac chauffé. Il a jugé la situation préoccupante. Il a salué la décision du Mali d’interdire totalement la chicha. Il espère que le projet de loi en cours au Burkina suivra cette voie au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).






