La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, dite BRVM, a atteint une capitalisation de 12 070 milliards de FCFA en juin 2025. Ce montant représente plus de 21 milliards de dollars. L’institution basée à Abidjan est commune aux huit pays de l’UEMOA. En 2024, l’indice BRVM Composite a progressé de 28,89 %. Cette performance place la bourse ouest-africaine parmi les plus dynamiques du continent. La croissance repose sur les emprunts obligataires souverains et les émissions privées. Plusieurs gouvernements de la région utilisent ce marché pour financer des projets d’infrastructures, d’énergie, de santé ou d’éducation.
La BRVM cherche à renforcer son rayonnement international. L’organisation des « BRVM Investment Days 2026 » à New York illustre cette volonté d’attirer les investisseurs mondiaux. Félix Edoh Amenounve, directeur général de la BRVM, évoque régulièrement la résilience économique de la région. Les perspectives de croissance pour l’UEMOA sont estimées à 6,7 % en 2025. Cette ouverture aux capitaux étrangers soulève des questions sur l’autonomie des États ouest-africains. Certains observateurs estiment que la dépendance aux investisseurs internationaux expose les économies régionales aux fluctuations des marchés mondiaux. Cette dépendance peut limiter la marge de manœuvre dans les choix économiques stratégiques.
La question est particulièrement sensible dans les pays du Sahel. Les débats sur la souveraineté économique se sont intensifiés ces dernières années. La montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a modifié les équilibres politiques régionaux. Ces trois pays se sont retirés de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Ils demeurent toutefois membres de l’UEMOA. Les tensions diplomatiques et les défis sécuritaires dans le Sahel alimentent les incertitudes sur l’avenir de l’intégration régionale. La BRVM apparaît comme un instrument de stabilité financière. Sa capacité à financer les États membres, y compris ceux de l’AES, renforce son rôle dans la préservation de la cohésion économique régionale.






