Le palais de Kamsongh Naaba Kiiba, à Ouagadougou, a accueilli un grand nombre de visiteurs le mercredi 15 juillet 2026. La cérémonie du baptême de ses triplés garçons a rassemblé parents, autorités coutumières et religieuses, amis et voisins. Cette affluence témoignait de la joie partagée autour de cette naissance exceptionnelle. Dans la société moaga, la venue de triplés revêt une signification particulière.
Les trois enfants ont reçu les prénoms d’Abdallah, Ousseini et Hassane. Leurs noms traditionnels sont Wendpouiré, Wendkuni et Wendmi. Ce choix traduit l’attachement familial aux racines culturelles.
L’événement a également suscité une réflexion sur la place des triplés dans la tradition moaga. Dawelg Naaba Boalga a offert une lecture de cette complémentarité entre coutumes et foi religieuse. Selon lui, la tradition moaga met en avant le respect de la vie, de la famille et de la communauté. De nombreuses familles concilient aujourd’hui leur foi chrétienne ou musulmane avec leur héritage culturel. Il est possible de séparer les valeurs culturelles des pratiques religieuses.
« La tradition moaga enseigne avant tout le respect de la vie, de la famille et de la communauté. Aujourd’hui, de nombreuses familles sont chrétiennes ou musulmanes tout en demeurant profondément attachées à leur patrimoine culturel. Il est donc possible de distinguer les valeurs culturelles des pratiques proprement religieuses », a-t-il expliqué.
Pour Dawelg Naaba Boalga, la naissance de triplés reste un événement exceptionnel. Elle appelle à la gratitude, à la responsabilité et à la solidarité. Les croyants peuvent rendre grâce à Dieu selon leur foi tout en respectant les traditions qui valorisent ces enfants, leur mère et leur famille. Cette complémentarité préserve l’identité culturelle sans heurter les convictions religieuses.
Kamsongh Naaba Kiiba a exprimé ses souhaits pour ses enfants. Il a déclaré : « Nous souhaitons que ces enfants nous apportent la paix, la pluie pour nos récoltes, la cohésion sociale ». Selon lui, cette naissance dépasse le cercle familial. Elle interpelle toute la communauté et rappelle les valeurs fondamentales de la société moaga. Une naissance exceptionnelle concerne tout le monde, pas seulement les parents. Les triplés rappellent que la vie est un don précieux et que chaque enfant porte une espérance.
« Lorsque cette naissance intervient au sein d’une famille investie d’une responsabilité coutumière, elle invite également à renouveler les valeurs de paix, d’unité, de justice et de protection de la communauté », a-t-il souligné.
Il a précisé que toute autorité traditionnelle est d’abord un service rendu au peuple. La cola a été offerte pour la prière en faveur des triplés.
Dawelg Naaba Boalga a ajouté que cette naissance est un appel à renforcer la cohésion sociale. Il faut protéger les enfants, honorer les mères et transmettre aux jeunes générations les valeurs de solidarité, de respect des anciens et de vivre-ensemble. Ces principes constituent le fondement de la société moaga.
La cérémonie a donc été plus qu’un simple baptême. Elle a offert un espace de rencontre entre autorités coutumières, responsables religieux, proches et amis. Entre prières, bénédictions et soutien des nombreux visiteurs, cette journée restera un symbole d’espérance, de communion et d’unité pour la famille et la société.






