Au Burkina Faso, les femmes face aux obstacles économiques

La Banque mondiale a publié une note sur la situation économique du Burkina Faso. Ce document analyse les difficultés rencontrées par les femmes. Ces obstacles limitent leur contribution à l’économie nationale. Les mariages précoces, le faible accès aux ressources et les tâches domestiques sont cités. Les inégalités foncières et financières aggravent aussi la situation.

Miriam Muller est spécialiste senior des sciences sociales. Elle travaille au pôle mondial d’expertise en pauvreté et équité. Selon elle, lever ces barrières est un impératif économique. Cela permettrait d’accélérer la croissance et de renforcer la résilience. Le développement deviendrait plus inclusif grâce à cette participation.

Les inégalités commencent dès l’adolescence. Plus d’une femme sur trois âgée de 20 à 24 ans a été mariée avant 18 ans. La fécondité des adolescentes reste élevée dans les régions de l’Est, du Sahel et des Cascades. Ces zones cumulent vulnérabilités économiques et insécurité. Les mariages et grossesses expliquent une grande partie des abandons scolaires chez les filles. Les responsabilités domestiques poussent près d’une adolescente sur cinq à quitter l’école.

L’autonomie des jeunes filles est très limitée. Seules 7,9% des jeunes filles en couple participent aux grandes décisions du ménage. Moins d’une sur cinq décide des questions liées à sa santé. Cette faible capacité de décision réduit leurs perspectives professionnelles. Environ 17% des adolescentes de 15 à 19 ans ont subi des violences physiques en 2021. Les mutilations génitales féminines reculent mais restent fréquentes.

À l’âge adulte, les obstacles changent mais persistent. Les femmes consacrent près de cinq fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes. Cette charge atteint un pic entre 25 et 34 ans. Le statut de femme au foyer est un facteur majeur d’inactivité féminine. Ce phénomène est presque absent chez les hommes. Les écarts sont particulièrement marqués à Bobo-Dioulasso.

L’éducation apparaît comme un facteur d’émancipation. Plus le niveau d’instruction augmente, moins les femmes subissent un contrôle sur leurs revenus. Dans le secteur agricole, les droits fonciers renforcent leur autonomie. Les exploitantes avec un droit sécurisé contrôlent mieux leurs revenus. La participation au marché du travail dépend de l’instruction, de l’âge et des responsabilités familiales. Les femmes les plus diplômées rencontrent parfois des difficultés à trouver un emploi adapté.

Seules 17,3% des femmes possèdent un compte financier. Cette donnée montre un accès limité aux services bancaires. Le secteur agricole reste un pilier de l’économie burkinabè. Les femmes y jouent un rôle central mais leurs droits fonciers sont souvent précaires. La note de la Banque mondiale insiste sur la nécessité d’agir.

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