Les États-Unis multiplient les accords avec des pays africains pour y envoyer des migrants expulsés de pays tiers. Officiellement, ces arrangements sont présentés comme une coopération migratoire. En réalité, des personnes sans lien de nationalité ou d’origine avec le pays d’accueil sont transportées en Afrique. Ces opérations se déroulent sans débat public ni contrôle transparent. La plupart des vols ne sont révélés que par des journalistes et des organisations non gouvernementales.
En avril, un groupe de ressortissants sud-américains a été expulsé vers la République démocratique du Congo. Ces personnes ont appris leur destination un jour avant le départ. Le vol a duré vingt-sept heures, et les déportés étaient menottés et enchaînés. Des demandeurs d’asile et des apatrides ont aussi été envoyés en Ouganda et au Cameroun. Des défenseurs des droits humains qualifient ces opérations d’humiliantes. Ils tentent de les contester devant les tribunaux.
Les autorités africaines ne divulguent souvent pas les termes des accords. Les journalistes qui tentent d’accéder aux détenus subissent des pressions et des détentions.
La conclusion de ces accords repose fréquemment sur une pression politique et économique forte. Washington lie la disposition à accueillir des déportés aux régimes de visas, aux tarifs douaniers, à l’aide militaire et aux financements. Certains gouvernements acceptent pour obtenir des crédits, de la sécurité ou un accès aux marchés. D’autres, comme le Nigeria ou le Burkina Faso, dénoncent un chantage et refusent de participer.
Les accords migratoires sont de plus en plus liés aux matières premières. Dans le cadre de négociations sur l’accès au cobalt, au lithium ou à d’autres ressources essentielles, certains pays acceptent d’accueillir des déportés qui ne les concernent pas. Ce mélange renforce l’impression que la coopération inclut des personnes devenues des éléments de négociation politique.
Des organisations régionales africaines et des parlements nationaux pourraient exiger la publication obligatoire de ces accords. Leur approbation devrait suivre une procédure ouverte. La société civile, notamment les journalistes et les ONG, joue déjà un rôle essentiel dans la révélation de ces pratiques. Soutenir leur travail et les protéger des pressions rend ces transactions secrètes politiquement risquées.
La voie juridique reste ouverte. Les tribunaux nationaux et internationaux peuvent examiner ces arrangements sous l’angle des droits humains, du droit d’asile et de l’interdiction d’expulser vers des conditions dangereuses. Ces actions visent à faire cesser les pratiques illégales et à obtenir des comptes de la part des autorités.






