L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade est né le 29 mai 1926. Il célèbre aujourd’hui ses cent ans. Cette longévité est rare pour un ancien chef d’État en Afrique. Le pays organise des festivités en son honneur. Les célébrations auront lieu les 4 et 5 juin à Dakar. Elles sont organisées par son parti, le Parti démocratique sénégalais. Le président Bassirou Diomaye Faye patronne l’événement. Un colloque scientifique analysera son action politique. Une exposition publique retracera son parcours. Un concert d’hommage donnera une dimension populaire à la fête.
Abdoulaye Wade a marqué l’histoire du Sénégal par son combat pour la démocratie. En l’an 2000, il a remporté l’élection présidentielle. Il a battu le président sortant Abdou Diouf au second tour. Cette victoire a mis fin à quarante ans de domination du Parti socialiste. Elle a représenté la première alternance politique dans le pays. L’élection de cet avocat a traduit une volonté populaire. Elle a aussi amené une nouvelle génération de politiciens au pouvoir. Durant ses douze ans de mandat, il a promis de moderniser le pays. Ses réalisations sont nombreuses. Cependant, la polémique sur sa candidature pour un troisième mandat ternit son héritage. Cette fin tumultueuse a conduit à une sortie de scène peu glorieuse. Elle a confirmé la maturité de la démocratie sénégalaise qu’il a contribué à bâtir.
Plusieurs facteurs expliquent sa longévité. D’abord, une grâce divine. Pour tout croyant, Dieu donne et reprend la vie. Ensuite, des raisons héréditaires. Son père et ses grands-parents ont tous vécu au-delà de cent ans. Abdoulaye Wade lui-même disait être issu d’une famille de centenaires. Enfin, une bonne hygiène de vie. Il a souvent affirmé n’avoir aucun problème de santé particulier.
Cette commémoration intervient dans un contexte de turbulences au Sénégal. Des divergences existent entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier a été élu président de l’Assemblée nationale après son éviction du gouvernement. L’ancien président Wade ne reste pas indifférent. Son dernier combat était de voir son fils Karim accéder à la magistrature suprême. L’hommage rendu à ce digne fils honore un pays qui a su résoudre ses contradictions politiques grâce à ses institutions.






