Abbé Pêgdwênde Alphonse Silga : prêtre et écrivain burkinabè

Né le 9 septembre 1992 à Koupéla, dans le quartier Gambaga, l’abbé Alphonse Silga grandit dans une famille chrétienne. Son enfance se déroule entre jeux dans les marigots, chasses aux margouillats et longues marches pour aller à l’école. Ces moments lui apprennent à observer et à écouter les autres.

À douze ans, il entre au Petit Séminaire Saint-Augustin de Baskouré. La vie y est rythmée par la prière, les études et la vie en communauté. Cette expérience devient une école humaine et spirituelle. C’est au séminaire que naît son amour pour l’écriture. Son premier poème, intitulé « Mon abri », est publié dans le journal trimestriel de l’établissement.

En 2014, il s’engage sérieusement dans l’écriture. Il est influencé par les grandes œuvres littéraires et par son observation de la société. Après un brillant parcours scolaire, il choisit en 2011 de consacrer ses talents au service de Dieu. Il explique que servir l’Église n’exclut pas de servir le monde.

En 2016, son recueil de nouvelles « Les Infortunés ou la souffrance des gens bien » reçoit un prix à la Semaine Nationale de la Culture. L’auteur n’avait pas participé au concours. Un ami avait déposé son manuscrit à son insu. L’œuvre explore le thème du mal innocent. Un extrait est proposé au baccalauréat en 2024.

En 2017, l’abbé Silga reçoit le prix de la Meilleure révélation littéraire de la région du Centre. En 2024, il obtient le premier prix de poésie au Grand Prix national des arts et des lettres. Il publie un ouvrage en mooré pour transmettre la foi dans la culture moaaga. Son prochain recueil de poèmes s’intitule « L’ombre rendra la lumière ».

L’abbé Alphonse Silga se situe au croisement de la foi chrétienne, des traditions moaga et de la modernité. Il valorise la culture burkinabè tout en accueillant les apports du monde moderne. Il écrit souvent tard le soir, après ses responsabilités pastorales. Pour lui, poésie et prière partagent la sincérité et la vérité de l’être.

« Mon enfance a tout construit en moi », confie-t-il avec reconnaissance.

« Accepter d’aller au séminaire à 12 ans était une épreuve du changement, une épreuve de socialisation qui m’a ouvert l’esprit », confie-t-il.

« Plus tard, je comprendrai que servir l’Église n’exclut pas de servir le monde », confie-t-il.

« Comment expliquer que j’ai réussi à un concours auquel je n’avais pas participé ? »

« Profiter de la modernité sans se laisser aliéner par ceux qui nous l’ont apportée ».

« C’est le temps que tu prends pour ta rose qui la rend si importante à tes yeux ».

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