Le jeudi 16 avril 2026, une cérémonie s’est tenue à Ouahigouya. Elle a eu lieu à la Maison d’arrêt et de correction. Cette rencontre a marqué un début pour dix jeunes. Ils sont originaires de la région du Yaadga. Ces hommes et femmes seront formés à la pisciculture. Le projet PESA apporte son soutien à cette action. L’ONG CORDAID en est le maître d’œuvre. La Fédération nationale des groupements Naam est partenaire. Le Royaume des Pays-Bas finance l’opération. Son ambassade au Burkina Faso en assure le suivi. Des équipements ont été remis aux bénéficiaires. Ils permettront le démarrage de leurs activités entrepreneuriales.
Landrine Zoundi a exposé les raisons de ce projet. Elle est secrétaire générale du conseil régional.
« La forte croissance démographique combinée à la rareté des opportunités d’emploi expose une grande partie de la jeunesse à la précarité économique. Aussi, les femmes, bien qu’elles soient actrices essentielles du développement local, sont également confrontées à des difficultés d’accès aux ressources productives, aux opportunités économiques. »
Le projet couvre cinq provinces. Il s’agit du Yaadga, du Yatenga, du Zondoma, du Passoré et du Loroum. Landrine Zoundi a détaillé les motivations.
« D’abord, il y a l’existence de potentialités en ressources en eau. Et même si cette ressource est insuffisamment valorisée, nous pensons qu’avec ce projet, on pourra la valoriser. Ensuite, il y a une demande croissante en produits halieutiques. Ces demandes offrent des débouchés économiques pour les incubés. Enfin, cette activité pourra générer des revenus relativement rapides tout en contribuant à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle »
La sélection des dix jeunes fut réfléchie.
Karim Zoné représente le directeur pays de CORDAID. Il a confirmé l’alignement du projet avec leurs objectifs.
« Cette sollicitation conforte la pertinence de notre projet en parfaite adéquation avec les priorités nationales, en l’occurrence l’offensive agro-pastorale et halieutique. Malgré un potentiel halieutique avéré, le Burkina Faso continue d’importer des volumes importants de poisson alors que la production nationale demeure insuffisante pour couvrir la demande »
L’action se déploie dans plusieurs régions. Les régions de Koulsé, de Goulmou, de Guiriko et de Yaadga sont concernées. Les jeunes et les femmes en sont la cible principale. Karim Zoné a décrit les étapes prévues.
« Elle va se traduire par la formation et l’équipement des 10 jeunes et femmes de la région de Yaadga en techniques modernes et pisciculture ; le renforcement de leurs capacités techniques en entrepreneuriat piscicole ; la facilitation de leur installation qui sera renforcée par un suivi coaching. À terme, l’initiative va contribuer à l’augmentation de la production halieutique locale et à la réduction des importations de poissons sans oublier l’auto-emploi des jeunes, pense-t-il. »
Gildas Salo est le porte-parole des bénéficiaires. Il a exprimé leur conviction.
« Pour faire la pisciculture, il faut aimer la pisciculture. C’est de base, une passion. Quant aux bénéfices que l’on peut en tirer, ils sont multiples car c’est une activité qui est rentable. En plus, pour un agriculteur, c’est une deuxième source de revenus car l’eau qu’on utilise pour élever les poissons ne sera pas jetée, mais réutilisée dans l’agriculture. On économise donc en eau et on rentabilise deux fois plus »
Certains bénéficiaires sont des pensionnaires de la maison d’arrêt. Le gouverneur de la région, Thomas Yampa, a présidé la cérémonie. Il a salué cette action.
« C’est une idée qui a été soutenue, défendue et encouragée par la délégation spéciale qui est l’organe délibérant actuellement au sein du conseil régional. Je voudrais dire mes félicitations aux bénéficiaires et leur ajouter que nous avons vraiment espoir que ce petit pas, présage de grandes enjambées »
Il a remercié les partenaires techniques. Le conseil régional accompagne aussi la jeunesse. L’objectif est la création d’activités génératrices de revenus. Ces activités correspondent à la spécialité de la région. Au total, 314 promoteurs sont déjà accompagnés. Parmi eux, 256 sont actifs dans le grossissement du poisson. Ils utilisent des bacs hors sol et des cages flottantes.






