À la fin des années 1970, le nord du Burkina Faso subissait une grave sécheresse. L’érosion des sols était intense. La terre se fissurait profondément. De nombreux habitants quittèrent la région.
Un jeune agriculteur, Yacouba Sawadogo, refusa de partir. Il ne possédait ni argent ni équipement moderne. Pourtant, il parvint à stopper l’avancée du désert. Sa méthode reposait sur un savoir ancien.
Sawadogo se souvint d’une technique locale appelée « zaï ». Celle-ci consistait à creuser des trous avant les pluies. Dans chaque trou, il déposait du compost et du fumier. Ces matières attiraient les termites.
Les termites creusaient des galeries souterraines. L’eau de pluie s’accumulait dans les fosses. Le fumier agissait comme une éponge naturelle. Dès la première saison, Sawadogo récolta des céréales. Pendant ce temps, ses voisins ne voyaient que du sable.
Il ne se contenta pas de cultures vivrières. Il planta aussi des graines d’acacia. Quelques années plus tard, une forêt avait remplacé la savane brûlée. Les arbres retenaient l’humidité et protégeaient le sol.
En 2018, Yacouba Sawadogo reçut le prix Nobel alternatif. En 2020, le Programme des Nations unies pour l’environnement lui décerna le titre de Champion de la Terre. C’est la plus haute distinction environnementale de l’ONU. Un film fut réalisé sur son histoire.
Son travail montre qu’une solution simple peut inverser la désertification. Il n’a pas utilisé de technologie coûteuse. Il a redécouvert une pratique locale oubliée.






