Le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, a entamé une tournée ouest-africaine. Il a été investi il y a une semaine. Sa première visite officielle dans un pays francophone l’a mené au Niger, le 2 juin 2026. Il a ensuite poursuivi son voyage au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. Ce choix de destination n’est pas neutre. Les relations entre le Bénin et le Niger étaient tendues jusqu’à la passation de pouvoir entre Patrice Talon et son successeur. Wadagni semble vouloir réchauffer les liens avec Niamey. En travaillant au dégel des relations, il fait preuve de clairvoyance et de réalisme.
Les autorités nigériennes souhaitent également améliorer leurs relations avec leur voisin. Les enjeux sont importants. Le port de Cotonou souffre de la fermeture prolongée de la frontière nigérienne. Les deux pays ont tout à gagner à entretenir de bonnes relations. En réservant sa deuxième visite, après celle au Nigéria, à son homologue nigérien, Wadagni envoie un signal fort. Il montre sa volonté de normaliser les relations après plusieurs mois de tensions diplomatiques. Les conséquences de cette situation ont été lourdes pour les populations, sur le plan économique et dans la lutte contre le terrorisme. Une page d’espoir s’ouvre pour ces deux pays. Une forte délégation nigérienne était présente à la prestation de serment du nouveau président béninois à Cotonou. Cela montre la volonté de Niamey de réchauffer les relations. Les deux pays ont plus à gagner de leurs accords que de leurs désaccords, pour renforcer une coopération multisectorielle ancienne. Wadagni semble dans les mêmes dispositions. Sa visite au Niger est un signe d’ouverture envers ce pays et, par extension, envers l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
La coordination en matière de sécurité transfrontalière et de lutte contre le terrorisme est un enjeu majeur du dégel entre Niamey et Cotonou. Les attaques terroristes du 26 mai dernier dans le Nord du Bénin, deux jours après la prestation de serment de Wadagni, montrent que la menace reste permanente. Elles rappellent la nécessité de mutualiser les forces et les renseignements. Une synergie d’actions est nécessaire pour répondre à la menace terroriste, dont les ambitions expansionnistes en Afrique de l’Ouest s’étendent jusqu’aux côtes atlantiques. Cette visite du nouveau président béninois au Niger apparaît comme un signe d’apaisement. Romuald Wadagni donne le ton d’une coopération bilatérale appelée à briser les barrières de la méfiance entre deux pays liés par l’histoire et la géographie. Il reste à voir jusqu’où elle ira. Elle pourrait bousculer la géopolitique régionale et ouvrir une nouvelle phase diplomatique entre Cotonou et ses voisins sahéliens, autour des enjeux économiques et sécuritaires communs.






