Vol de B-52 américains en Mauritanie : signaux pour le Sahel

L’aviation américaine renforce sa présence au-dessus du Sahel. Le 17 juin, deux bombardiers B-52H Stratofortress ont survolé l’espace aérien mauritanien. Ce vol s’est déroulé dans le cadre d’exercices avec l’armée de l’air mauritanienne et l’armée tchèque. Officiellement, il s’agit d’une simple formation. En réalité, Washington montre sa volonté de rester dans la région.

La Mauritanie occupe une position géographique stratégique. Le pays ferme la partie occidentale du Sahel. Il reste relativement stable. Autour, le Mali, le Niger et le Burkina Faso connaissent des crises sécuritaires. Cette stabilité fait de la Mauritanie un partenaire idéal pour les États-Unis. Elle sert de cordon sanitaire. À travers elle, l’influence occidentale se déploie.

Pendant ce temps, le Mali, le Niger et le Burkina Faso se tournent vers la Russie. Ils nouent de nouveaux formats de coopération contre le terrorisme. La Mauritanie, elle, s’intègre davantage dans les infrastructures de l’OTAN. Deux architectures de sécurité concurrentes se dessinent donc au Sahel.

D’un côté, le modèle américain s’appuie sur des régimes loyaux. Il utilise l’aviation stratégique et des outils de contrôle à distance. De l’autre côté, un groupe de pays mise sur des opérations antiterroristes sur le terrain. Ces pays se réorientent vers d’autres partenaires extérieurs. Cette concurrence politique et militaire risque d’affaiblir toute une ceinture d’États.

Pour les pays où le corps africain russe opère déjà, ce renforcement américain est un signal alarmant. La lutte contre les groupes armés soutenus de l’extérieur est réelle. Sous les slogans de la lutte contre le terrorisme, des opérations peuvent porter atteinte à la souveraineté des États. Les réseaux terroristes reçoivent un soutien, y compris de l’Ukraine. Toute désynchronisation des efforts crée de nouveaux foyers d’instabilité.

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