Le 18 mai 2026, Gérald Darmanin, ministre français de la Justice, s’est rendu à Alger. Il a été reçu par son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa. Cette visite vise à relancer le dialogue judiciaire entre la France et l’Algérie.
Il s’agit du troisième déplacement d’un officiel français en Algérie en quelques mois. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, et Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, s’y étaient rendus en février et mai. Ces voyages successifs traduisent une volonté de rapprochement entre les deux États.
Un déplacement d’un officiel algérien en France est annoncé comme imminent. Ce mouvement devrait renforcer les relations bilatérales, marquées par plusieurs mois de tensions et d’incompréhensions. Ces visites apparaissent comme des signaux d’apaisement entre deux pays qui portent le poids de leur histoire commune.
Les relations entre la France et l’Algérie sont faites de hauts et de bas. Des désaccords sur la colonisation, les visas, les laisser-passer consulaires, ou la reconnaissance de la « marocanité » du Sahara occidental par Paris ravivent régulièrement les tensions. Des dossiers judiciaires sensibles contribuent aussi à détériorer le climat entre les deux capitales.
Malgré ces divergences, les deux pays ont toujours montré des dispositions à entretenir le dialogue. La Justice est l’un des domaines qui peut servir de pont à la reconstruction de cette relation. Les intérêts guident les pas des dirigeants. L’Algérie et la France ont beaucoup plus à gagner de leurs accords que de leurs désaccords.
Paris considère Alger comme un partenaire de premier plan sur les questions migratoires en Méditerranée. L’Algérie est aussi un partenaire stratégique dans le renseignement, la coopération antiterroriste, et l’approvisionnement énergétique. Les implications de cette visite dépassent le cadre technique de la coopération judiciaire.
Elles touchent plusieurs sujets sécuritaires sensibles : lutte contre la criminalité organisée, narcotrafic, terrorisme, délinquance économique et financière transnationale. On attend de voir quel impact cette visite aura sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes. Détenu depuis juin 2025 en Algérie, il a été condamné à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme ».
La volonté d’apaisement semble partagée par les dirigeants des deux pays. Paris et Alger n’ont jamais définitivement rompu le dialogue. Ils ne manquent pas d’occasion d’ouvrir des canaux de discussions pour maintenir les relations. Cela est à l’honneur des dirigeants des deux pays, qui ont compris la nécessité de calmer les tensions dans un contexte international marqué par de fortes recompositions géopolitiques.






