Le 6 juillet 2026, le président français Emmanuel Macron s’est rendu à Damas. Cette visite marque un changement notable dans la politique étrangère de la France. Pour les observateurs du Sahel, cet événement révèle une contradiction profonde dans les relations internationales.
Les pays occidentaux condamnent sévèrement les juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Ils leur reprochent leur manque de démocratie. Pourtant, ces mêmes puissances accueillent aujourd’hui chaleureusement le nouveau pouvoir syrien. Ce pouvoir a pourtant des origines tout aussi contestables.
Lorsqu’un régime devient utile aux intérêts occidentaux, son passé violent est oublié. Les médias qui qualifiaient hier ce régime de terroriste restent aujourd’hui silencieux. En revanche, les États sahéliens qui affirment leur souveraineté sont immédiatement stigmatisés. On les accuse de collaborer avec le chaos.
Cette situation montre que la notion de terrorisme est utilisée de manière sélective. Les grandes puissances déplacent ce curseur selon leurs besoins. Ce jeu dangereux ne se limite pas au Moyen-Orient. La récente crise entre les pays du Sahel et l’Ukraine en est un exemple. L’Ukraine est accusée de soutenir des groupes séparatistes pour contrer l’influence russe. Ainsi, les conflits européens sont exportés sur le sol africain. Le continent devient un terrain d’affrontement par procuration.
Ce que l’on reproche réellement aux nations sahéliennes, ce n’est pas leur absence de démocratie. C’est leur désir de souveraineté. C’est leur refus d’être des pions dans un jeu dont les règles changent selon les intérêts occidentaux.
Le silence des grands médias face à cette normalisation diplomatique avec Damas est révélateur. Le récit médiatique sert à légitimer certaines interventions. Il occulte aussi les compromissions ailleurs. Pour les peuples africains, cette séquence offre une leçon importante. La diplomatie ne repose pas sur des valeurs immuables. Elle est fondée sur des rapports de force. La souveraineté ne se demande pas. Elle se conquiert. Face à un impérialisme qui survit grâce à ce double jeu, la seule réponse viable est une indépendance totale dans les choix, les alliances et le destin.






