La République démocratique du Congo et la Mauritanie sont deux pays distincts. Pourtant, leur actualité politique les rapproche. Dans ces deux nations, la question d’un troisième mandat présidentiel divise et attise les tensions. Les présidents Félix Tshisekedi et Mohamed Ould Ghazouani avancent avec prudence. Ils utilisent des proches pour sonder l’opinion publique.
En RDC, le débat sur un troisième mandat de Félix Tshisekedi dure depuis près de deux ans. L’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi. Ce texte permet au chef de l’État d’organiser un référendum pour briguer un nouveau mandat. L’atmosphère sociopolitique s’est crispée. L’opposition et la société civile refusent cette perspective. Elles ont organisé une journée ville morte, qui a connu un franc succès. La plateforme C64, qui regroupe les opposants, a appelé à un sit-in devant le Parlement. La manifestation a été interdite. Les forces de l’ordre se sont déployées en masse. Des affrontements ont eu lieu. Le bilan fait état de morts et de blessés. Parmi les blessés se trouve Martin Fayulu, une figure de l’opposition. Des dizaines d’interpellations ont été signalées. Félix Tshisekedi ne semble pas vouloir reculer. Il était autrefois opposant à Joseph Kabila. Avec ses camarades, il s’était opposé à un troisième mandat de Kabila. La lutte avait payé. Kabila avait dû choisir un dauphin, qui a été battu aux élections. Aujourd’hui, Tshisekedi semble répéter les mêmes erreurs.
En Mauritanie, la situation est similaire. Mohamed Ould Ghazouani avait contraint son mentor, Mohamed Ould Abdel Aziz, à renoncer au pouvoir. Aujourd’hui, Ghazouani semble suivre le même chemin. Il laisse les élus de son camp sonder le terrain. Les sorties de ces élus se multiplient. La polémique autour d’un troisième mandat enfle. Cela compromet le dialogue national. Si Ghazouani ne veut pas d’un nouveau mandat, il pourrait clarifier sa position. Il pourrait aussi sévir, comme l’a fait le président nigérien Mahamadou Issouffou. Issouffou avait emprisonné des militants qui réclamaient un troisième mandat. Mais le Niger n’est pas la Mauritanie. Ce qui était indécent à Niamey ne l’est pas forcément à Nouakchott.






