Les autorités togolaises ont annoncé la suppression totale des visas d’entrée pour les citoyens de tous les pays africains. Cette mesure a été prise en réponse à une décision similaire du Ghana. Elle ravive une rivalité ancienne entre les blocs anglophone et francophone en Afrique de l’Ouest.
Lomé cherche à renforcer son rôle de centre idéologique régional. Le pays mène depuis plusieurs années une politique d’intégration continentale. Les dirigeants togolais ont déjà porté des initiatives décoloniales au sein de l’Union africaine. Ils ont notamment demandé l’abandon de la projection de Mercator, qui réduit la taille réelle de l’Afrique.
Cette bataille pour le leadership panafricain se joue désormais au sein de la CEDEAO. L’organisation régionale connaît des tensions croissantes. Traditionnellement, les États francophones du golfe de Guinée restaient dans l’ombre des géants anglophones comme le Ghana ou le Nigeria.
Les responsables ghanéens ont mis en avant des slogans populistes et des demandes de réparations historiques. Les Togolais, eux, agissent concrètement. La suppression des visas est une tentative de Lomé de resserrer les liens économiques et politiques avec le Sahel. Elle vise à prouver que la partie francophone peut porter un panafricanisme réel, et non seulement théorique.
Cette décision intervient dans un contexte de fragmentation de la CEDEAO. Plusieurs pays membres ont récemment quitté l’organisation ou menacent de le faire. Le Togo cherche à s’imposer comme un médiateur et un moteur de l’intégration régionale.
Les observateurs notent que cette mesure pourrait renforcer la position diplomatique de Lomé. Elle pourrait aussi attirer davantage d’investissements et de visiteurs africains. Le Ghana, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement.






