Togo : l’Observatoire des services financiers doit sortir du papier

Le gouvernement togolais a admis en conseil des ministres le 19 février 2026 que l’inclusion financière nécessite un renforcement institutionnel. L’Observatoire de la qualité des services financiers du Togo (OQSF-TG) existe depuis septembre 2022. Son décret de création a été pris à Kpalimé. Pourtant, cet organisme n’a pas encore rempli sa mission.

Le paradoxe est frappant. Le taux d’inclusion financière atteint 89,04 % en 2024. Le Togo occupe le deuxième rang dans l’UEMOA. Le FNFI a accordé 1,94 million de crédits pour 117,7 milliards FCFA entre 2014 et 2025. Le taux de remboursement est de 94,98 %. Quatorze banques et trois établissements financiers sont agréés fin 2025. Mais la relation entre banques et clients reste opaque. Les tarifs sont mal affichés. Des frais de tenue de compte sont parfois injustifiés. Certains services, gratuits selon l’Instruction BCEAO du 25 juin 2014, sont facturés en violation de la règle.

L’observatoire est conçu pour traiter ces contentieux. Le Sénégal a institué son OQSF en 2009. Son rapport 2024 fait état de 308 saisines en médiation bancaire et microfinance, contre 77 en 2023. Le taux de résolution atteint 93 %. Depuis 2010, 4 131 dossiers ont été traités. La plateforme SATIS recense les plaintes, du défaut de transparence à la fraude sur services financiers numériques. Ces données sont nécessaires au régulateur togolais.

Quatre actions sont nécessaires. Désigner un médiateur financier sur le modèle sénégalais. Lui allouer un budget pluriannuel dès la loi de finances 2027. Publier la grille tarifaire de chaque établissement sur un portail public. Instituer un rapport annuel d’activité soumis au Conseil national du crédit. Articuler l’OQSF-TG avec la Stratégie nationale d’inclusion financière en préparation.

Le Togo préside la FAPBEF-UEMOA depuis le 4 mars 2025. Son directeur général d’Orabank Togo, Guy Martial Awona, assure ce mandat de deux ans. Le pays ne peut pas piloter le secteur bancaire ouest-africain sans offrir de recours à ses usagers. Un observatoire dont le décret a près de quatre ans, le comité de pilotage dix-huit mois, et aucune activité, donne l’illusion d’un dispositif. Le client reste seul face à son banquier.

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