Togo : les banques face à la nouvelle réglementation BCEAO

Le 20 mai 2026, IB Bank Togo a organisé un séminaire pour ses clients professionnels. Ce rendez-vous portait sur les opérations internationales. Les organisateurs ont présenté cette rencontre comme une première à Lomé. Elle reflète un mouvement plus large depuis décembre 2024. À cette date, un nouveau règlement de l’UEMOA est entré en vigueur. Ce texte concerne les relations financières extérieures. Les banques togolaises adaptent leur offre. Elles accompagnent leurs clients face à ces changements. Les entreprises importatrices et exportatrices doivent aussi modifier leurs pratiques.

Le règlement de 2024 remplace celui de 2010. Il a été adopté le 20 décembre 2024 par le Conseil des ministres de l’UEMOA. Il abroge et remplace le texte précédent. Ce nouveau dispositif comprend des instructions d’application et des notes circulaires. Il introduit des règles révisées sur la domiciliation des opérations d’importation et d’exportation. Il modifie aussi le rapatriement des recettes d’exportation. Les paiements d’acomptes à l’international sont encadrés. Les instruments de couverture du risque de change sont précisés.

Pour les opérateurs économiques résidents, l’enjeu est important. Toute transaction avec l’étranger suit désormais un cadre plus strict. Les obligations de justification documentaire sont renforcées. La BCEAO surveille plus étroitement les flux de devises. Une innovation concrète est la limitation des paiements d’acomptes. Selon Harouna Gouba, directeur des paiements d’IB Bank Togo, le plafond est fixé à 50 % du montant. Auparavant, il pouvait atteindre 80 % ou 100 % avant expédition.

Le régulateur estime qu’il faut se limiter à 50 %. Le complément pourrait être fait lorsqu’on a des évidences qu’on a effectivement une marchandise ou un service à destination de la zone.

Cette mesure vise à mieux contrôler les sorties de devises. Elle assure l’entrée effective des contreparties dans la zone monétaire. Les importateurs doivent revoir leurs contrats avec les fournisseurs étrangers. Ils doivent anticiper les résistances de partenaires exigeant des conditions plus favorables.

Le secteur bancaire togolais est orienté vers le financement du commerce. Le pays compte 14 banques en activité. Selon le Conseil national du crédit, les crédits aux opérateurs ont atteint 966 milliards de FCFA en 2024. Cela représente une hausse de 18 % par rapport à 2023. Le commerce est le principal bénéficiaire des crédits à court terme. Près de 200 milliards de FCFA y sont consacrés. Le commerce de gros capte 141 milliards. Ces chiffres montrent une économie fortement importatrice. Les banques jouent un rôle d’interface avec les partenaires étrangers.

IB Bank Togo, issue de la privatisation de l’ancienne BTCI, se positionne sur les opérations internationales. La banque a créé une direction dédiée aux paiements. Le séminaire du 20 mai 2026 visait à informer les clients sur les changements. Harouna Gouba a décrit cette rencontre comme une première au Togo.

Il s’agit d’exécuter notre rôle de banquier conseil, et de porter l’information à nos clients.

Les sujets abordés comprenaient les instruments de paiement internationaux. Les participants ont posé des questions pratiques. Ils ont évoqué la gestion des frais de confirmation. Ils ont discuté du choix entre instruments selon le profil du fournisseur. Le comportement des partenaires chinois face aux lettres de crédit standby a aussi été abordé.

Pour les entreprises, ces nouvelles règles ont des impacts sur leurs relations avec les partenaires étrangers. Elles exigent une anticipation dans la rédaction des contrats commerciaux. Le nouveau cadre réglementaire apporte une complexité supplémentaire. Les banques bien positionnées pourraient en faire un avantage concurrentiel.

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