Togo : entrepreneurs et fisc confrontent leurs positions à Lomé

L’événement Afterwork d’Edem Adékunlé d’Almeida s’est tenu le 2 avril à Lomé. Des opérateurs économiques se sont réunis à l’hôtel Onomo. Aucun chef d’entreprise n’a accepté d’être panéliste. L’organisateur a relevé ce fait en ouverture. Cela révèle un climat tendu avec l’administration fiscale. La neuvième édition a tenté d’aplanir ce malaise. Yawa Djigbodi Tsègan, commissaire générale de l’OTR, a délégué un représentant. Konlani Kampatibe, son directeur de la communication, y a participé. Ce juriste-fiscaliste possède quinze ans d’expérience. Sa présence constituait un signal notable. Ce type de dialogue hors des bureaux reste rare. Un exercice d’association a eu lieu en début de soirée. Les mots « vautour », « léopard » et « serpent » ont été associés aux inspecteurs. Le représentant de l’OTR n’a pas esquivé ces perceptions.

Comment voulez-vous que l’on vous perçoive, quand on envoie un représentant vous attendre au carrefour pour ponctionner la richesse que vous avez acquise par votre sueur ?

Il a reconnu la légitimité du ressenti des entrepreneurs. Il a avancé une explication structurelle. Une large partie des contribuables échappe à l’impôt. Le secteur informel concentre la charge sur les acteurs formalisés.

Lorsque nous aurons plus de contributeurs, vous ressentirez que l’impôt pèsera moins sur vos têtes

Il a plaidé pour une relation humanisée. L’OTR est né en 2012 d’une fusion. Il est devenu opérationnel en 2014. L’institution connaît une nouvelle phase depuis octobre 2025. Les recettes sont passées de 458,2 milliards en 2014 à 990,1 milliards en 2023. Cela représente une progression de plus de 116%. L’institution a collecté 1098,1 milliards en 2024. C’est une hausse de 10,7% sur un an. Les recettes atteignaient 830,5 milliards sur neuf mois en 2025. Cela représente près de 69% de l’objectif annuel. Le taux de pression fiscale reste inférieur à la norme régionale. La base de contribuables demeure encore étroite. Le débat a réuni deux experts aux profils atypiques. Sandra Akakpo Mondja est expert-comptable. Elle est une ancienne inspectrice des finances publiques. Elle a pointé l’absence de progressivité de l’impôt sur les sociétés. Le même taux s’applique aux petites et grandes entreprises. Elle a dénoncé une asymétrie dans les contrôtes fiscaux.

On ne voit jamais de vérification se terminer avec l’annonce au contribuable qu’il a trop payé et qu’il a droit à un retour d’impôts. Il faut que cette transparence existe aussi dans ce sens-là.

Elle a soulevé le problème des délais de traitement. En droit fiscal togolais, la non-réponse vaut rejet. Cela conduit mécaniquement nombre de contribuables devant le tribunal. Bakafitine Banque est juriste-fiscaliste. C’est un ancien administrateur de l’OTR. Il a invité à séparer deux débats souvent confondus. Le devoir de payer l’impôt est le premier débat. L’usage qui en est fait par l’État est le second. Il a mis en cause l’absence de débat public sur les lois de finances.

L’administration vous invite, bien entendu, pour discuter de la loi de finances. Mais les propositions que vous faites sont rarement admises.

Plusieurs intervenants ont illustré les griefs avec des cas précis. Un entrepreneur a raconté une expérience personnelle. L’OTR a réintégré des charges légitimes. Il s’agissait de billets d’avion et de frais d’hôtel. Ces frais étaient liés à l’exécution d’un marché. Le motif était une mauvaise ventilation comptable.

Ça m’a fait très mal

Il a annoncé son intention d’interpeller le patronat. Le système fiscal doit mieux distinguer les dépenses. Une femme entrepreneure a soulevé un autre cas. Elle promeut un concept pour la fête du Travail. Elle a évoqué les entreprises créées puis abandonnées. Leurs promoteurs retrouvent des dettes fiscales accumulées.

Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir un cadre de concertation entre l’OTR et les plus petites entreprises, pour leur réalité ?

Un sondage en amont avait esquissé un tableau. La relation est qualifiée d’ »amour forcé » par la majorité. L’Afterwork d’Edem Adékunlé d’Almeida se tient régulièrement à Lomé. Il rassemble des professionnels autour de thématiques économiques.

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