Togo : Bilan de sa stratégie sahélienne et perspectives régionales

Le ministre togolais Robert Dussey a évalué la stratégie pour le Sahel. Cette politique a débuté en 2021. Il a exposé les raisons d’une nouvelle orientation. Le contexte sécuritaire et géopolitique évolue rapidement. L’entretien a eu lieu avec Franklin Nyamsi. Ce dernier est président de l’Institut de l’Afrique des libertés. Il anime aussi L’Échiquier africain sur RT en français.

La dégradation sécuritaire a motivé l’engagement du Togo. Robert Dussey l’a clairement affirmé.

En ce qui concerne les raisons qui ont amené le Togo à l’élaboration d’une Stratégie pour le Sahel, il faut d’emblée, et ce n’est un secret pour personne, souligner que l’espace sahélien est devenu un foyer de violences terroristes, menaçant directement la stabilité de toute la région. Dans ce contexte, un pays comme le nôtre, profondément attaché à la paix ne peut rester indifférent et se contenter d’être spectateur mais plutôt se positionner comme un acteur engagé pour la paix et la stabilité régionales.

La menace possède un caractère transfrontalier.

Toute menace pesant sur la paix régionale affecte directement la quiétude de nos populations, qui aspirent légitimement à poursuivre leurs activités quotidiennes dans un climat de sérénité […] Notre responsabilité était de protéger nos populations et de contribuer à la stabilité régionale. Pour le Togo, la paix et la sécurité régionales ne peuvent être fragmentées. Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée. Cette initiative relève non seulement d’un choix de lucidité mais aussi d’un élan de fraternité et de solidarité africaines.

La première stratégie s’appuyait sur quatre axes. Le premier concerne la coopération régionale. Le Togo agit dans le Conseil de l’Entente. Il participe aussi à l’UEMOA et à la CEDEAO.

Les cadres de coopération au sein desquels le Togo est pleinement engagé — tels que le Conseil de l’Entente, l’UEMOA et la CEDEAO — ont déjà mis en œuvre de nombreuses actions de riposte face aux menaces sécuritaires qui affectent l’Afrique de l’Ouest. L’approche togolaise s’inscrit dans cette dynamique, en apportant un appui complémentaire et en contribuant à la consolidation des acquis, afin de renforcer l’efficacité collective et la cohérence des réponses régionales. Fidèle à cet esprit, le Togo réaffirme son attachement à la solidarité et à la mutualisation des efforts dans la lutte contre le terrorisme. Il s’était engagé à soutenir toute action collective visant à promouvoir la paix et à renforcer la stabilité, tant au niveau régional qu’interrégional.

Le deuxième axe promeut une paix positive. Cette approche dépasse l’absence de conflit. Elle cherche une stabilité durable. Le Togo partage son modèle diplomatique. Ce modèle est préventif et proactif.

Il s’agit d’apporter une contribution active à la construction de la paix en Afrique, en mettant en avant une approche qui dépasse la simple absence de conflit pour promouvoir des conditions durables de stabilité et de prospérité. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants au Sahel, le Togo propose de partager son modèle de paix positive, fondé sur une diplomatie à la fois préventive et proactive, capable d’anticiper les crises et de favoriser des solutions concertées.

Le troisième axe est dédié à la normalisation politique. Il soutient les transitions démocratiques. La médiation et la réconciliation sont centrales.

Notre responsabilité collective est d’anticiper et de prévenir la survenance des désordres constitutionnels et démocratiques. S’ils surviennent tout de même, il apparaît essentiel d’accompagner et de soutenir les efforts de normalisation politique, de transition démocratique et de réconciliation nationale. La diplomatie togolaise travaille par la médiation, la culture de l’entente et la promotion de la compréhension mutuelle. L’objectif spécifique de cet axe est d’appuyer, sur les plans politique et diplomatique, les pays sahéliens engagés dans des transitions démocratiques, afin de contribuer à la réparation du contrat social et à la consolidation de la réconciliation durable dans chacun des pays.

Le quatrième pilier vise une gouvernance responsable. Il cherche plus d’inclusion sociale et économique. L’objectif est de créer des institutions crédibles. La confiance entre gouvernants et citoyens est importante. La participation des jeunes et des femmes est encouragée.

L’objectif est de favoriser des institutions crédibles, capables de répondre aux aspirations des populations, tout en consolidant la confiance entre gouvernants et citoyens. Ce pilier met également l’accent sur la nécessité d’encourager la participation de toutes les composantes sociales, en particulier les jeunes et les femmes, afin de bâtir des sociétés plus résilientes et plus équitables. À travers cette approche, le Togo entend contribuer au renforcement d’un environnement social sahélien propice à une stabilité durable et au développement partagé dans la région.

Après plus de quatre ans, des résultats existent. Robert Dussey les juge significatifs. Le Togo a agi comme pays de médiation. Il a accompagné ses partenaires sahéliens. Le pays a soutenu les processus de transition politique. Ces processus concernent les trois pays de l’AES. Le président Faure Gnassingbé a impulsé ces actions. Le Togo a conduit plusieurs missions avec constance. La diplomatie togolaise a donc été active. Elle a cherché des solutions concertées. La nouvelle stratégie doit maintenant s’adapter. Les défis régionaux persistent et évoluent. La réponse du Togo se veut donc continue et ajustée.

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