Le ministre délégué à l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, a rappelé le poids du secteur maritime dans l’économie togolaise. Il s’exprimait à l’occasion de la Journée mondiale des océans, le 8 juin.
Près de 70 % de nos activités économiques sont adossées à la façade maritime ; plus de 75 % de nos recettes fiscales en proviennent.
Kokou Edem Tengue a insisté sur l’importance de protéger les océans. Il a qualifié le Port autonome de Lomé (PAL) de poumon économique du pays. Le port relie l’Afrique de l’Ouest au reste du monde.
Le secteur tertiaire, dominé par les activités portuaires, représente environ 57 % du PIB togolais. La contribution directe de la zone maritime dépasse 50 % du PIB. Cette estimation inclut le transport maritime, la pêche et les services logistiques. La croissance économique du Togo en 2024, à 5,3 %, a été soutenue par l’activité portuaire, selon la Direction générale du Trésor français.
Le trafic global du Port de Lomé a atteint 30,6 millions de tonnes en 2024. Cela représente une hausse de 1,85 % par rapport à 2023. Le transbordement a augmenté de 7,11 %, passant de 18,89 à 20,23 millions de tonnes. Ce segment représente désormais environ les deux tiers du trafic total. Lomé confirme ainsi son rôle de hub régional.
Le trafic conteneurisé a progressé de 5,19 %, atteignant 2 millions d’EVP en 2024. En mars 2025, le port a traité 123 000 mouvements de conteneurs en un mois. L’objectif est d’atteindre 2,7 millions d’EVP d’ici 2027.
Près de 90 % du commerce extérieur togolais passe par la mer. Les activités portuaires génèrent environ 75 % des recettes fiscales nationales. Les recettes propres du PAL sont passées de 29 milliards de FCFA en 2018 à 39 milliards en 2022. Le port emploie directement plus de 6 000 personnes, dont environ 5 000 dockers. La pêche, autre pilier, représente 4,5 % du PIB agricole et emploie plus de 20 000 personnes.
Le port a reçu plusieurs distinctions récentes. En novembre 2025, l’Association de Gestion des Ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC) a classé Lomé meilleur port africain pour le trafic de transit. Il figure au 92e rang mondial dans le classement 2025 de Lloyd’s List. Il est premier des ports à conteneurs d’Afrique subsaharienne.
Le Haut Conseil pour la mer a organisé un atelier sur les aires marines protégées à Lomé. Des administrations, chercheurs, collectivités et acteurs économiques y ont participé. Les autorités ont alerté sur la pollution, l’érosion côtière et la surexploitation des ressources halieutiques. Le gouvernement mène des réformes : lutte contre les pollutions marines, restauration des mangroves, planification spatiale marine et modernisation des infrastructures.
Sauver l’océan, ce n’est donc pas un slogan : c’est, très concrètement, défendre nos emplois, notre souveraineté alimentaire, nos recettes publiques.
Laré Penn, du Haut Conseil pour la mer, a partagé cette conviction.
La protection des océans, du littoral et des ressources marines ne peut être une activité ponctuelle limitée à une journée de célébration. Elle doit devenir un engagement permanent.






