Téné Thérèse Hien est formatrice en communication empathique. Elle intervient à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, le 18 juin. Son analyse porte sur les dangers des propos stigmatisants dans un contexte de défis sécuritaires et sociaux.
Elle définit le discours de haine comme toute expression orale, écrite ou visuelle. Ces propos attaquent, dénigrent ou humilient une personne ou un groupe. Ils visent l’identité, l’ethnie, la religion, la nationalité, le sexe ou le handicap. La frontière est franchie quand on s’en prend à la dignité des personnes, non aux idées.
La critique s’adresse aux idées. Le discours de haine attaque la dignité humaine. Par exemple, « Je ne partage pas les idées de ce groupe » relève de la liberté d’expression. En revanche, « Tous les membres de ce groupe sont dangereux et doivent être éliminés » constitue un discours de haine. Une telle affirmation met en danger l’intégrité physique.
Dans un contexte comme celui du Burkina Faso, cette distinction est importante. Les facteurs qui favorisent la propagation des discours de haine sont multiples. La peur et l’insécurité jouent un rôle. Les populations angoissées cherchent des responsables à leurs souffrances. Cela conduit à la stigmatisation de certains groupes.
La désinformation et les rumeurs circulent rapidement sur les réseaux sociaux. Elles exacerbent les préjugés et alimentent la méfiance. Les préjugés et stéréotypes hérités renforcent les clivages. Les frustrations économiques comme le chômage ou la pauvreté poussent à chercher des boucs émissaires.
L’instrumentalisation politique exploite les tensions identitaires. Certains acteurs utilisent les discours de haine comme un levier stratégique. Le manque d’éducation aux médias rend les populations vulnérables. L’affaiblissement du dialogue communautaire installe la méfiance.
Lorsqu’il n’existe plus suffisamment d’espaces d’échange entre les différentes composantes de la société, les incompréhensions et les tensions s’installent plus facilement.
Les traumatismes liés aux conflits engendrent colère et peur. Les discours de haine naissent de dynamiques complexes. Leur prévention nécessite une approche globale fondée sur l’éducation et le dialogue.
La communication empathique, développée par Marshall Rosenberg, peut aider. Derrière chaque parole blessante se cachent des peurs ou des besoins non satisfaits. Les reconnaître sans les justifier ouvre des espaces d’écoute. C’est ainsi que les communautés bâtissent une paix durable.
La paix et la cohésion sociale se construisent à travers les mots choisis au quotidien. Chacun a une responsabilité individuelle. Les réseaux sociaux, les femmes et les jeunes ont un rôle à jouer. La promotion du dialogue et de l’écoute est essentielle.






