Souhaïbou Sawadogo a soutenu sa thèse de doctorat le 10 avril 2026. La soutenance s’est tenue à l’université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou. Le chercheur a obtenu la mention très honorable. Son travail porte sur l’apiculture au Burkina Faso. La thèse étudie la diversité et les menaces environnementales. Elle se concentre sur l’abeille mellifère Apis mellifera. Le jury était présidé par Antoine Sanon. Il comprenait Thierry Brévault et Éric Bertrand Fokam. Fernand Sankara était également examinateur. Zakaria Ilboudo a dirigé ces travaux. Hugues Roméo Bazié en a été le co-directeur.
La recherche aborde le déclin mondial des abeilles. Elle fournit des données pour le Burkina Faso. La méthode combine enquêtes de terrain et analyses. Des analyses morphométriques et génétiques ont été utilisées. L’étude couvre les zones soudaniennes et soudano-sahéliennes. Elle a interrogé 236 apiculteurs dans 54 localités. Trois défis principaux ont été identifiés. La gestion des bioagresseurs est un problème. Les effets du changement climatique en sont un autre. L’accès à des équipements adaptés reste limité. Les apiculteurs utilisent souvent des savoirs endogènes.
L’analyse morphométrique a porté sur 800 abeilles ouvrières. Elle a révélé trois groupes morphologiques. Un de ces groupes est hybride. L’analyse génétique montre un rattachement majoritaire. La plupart des colonies appartiennent à Apis mellifera adansonii. L’inventaire de la faune associée aux ruches est instructif. La diversité est plus équilibrée en zone soudano-sahélienne. Deux parasites dominent largement ce paysage. Il s’agit de Varroa destructor et Aethina tumida. Ces parasites menacent la santé des colonies.
Les résultats expérimentaux sont alarmants. L’exposition à certains insecticides cause une mortalité totale. Ceci est observé avec l’acétamipride et la lambda-cyhalothrine. La mortalité survient en 24 heures à certaines doses. Les tests en conditions semi-réelles confirment l’impact. Le comportement de butinage est perturbé. La mortalité augmente notablement après traitement. Ces données appellent à une révision des pratiques. L’usage des pesticides dans l’agriculture doit être repensé.
La thèse propose aussi des solutions concrètes. Elle compare quatre types de ruches. La ruche traditionnelle en paille a été étudiée. La ruche kenyane a aussi été analysée. Deux nouveaux modèles en argile ont été testés. Ces ruches en argile portent le nom de Faso Kapidgou. L’évaluation s’est étalée sur 25 mois. Les ruches kenyanes offrent le meilleur rendement en miel. Les ruches en paille présentent une stabilité thermique. Les ruches en argile optimisent le rendement volumétrique. Ces résultats permettent des choix adaptés aux réalités locales.
Les travaux ont fait l’objet de communications scientifiques. Elles ont eu lieu au Burkina Faso et à l’international. Des présentations ont été faites en Suisse et au Cameroun. Des publications dans des revues spécialisées en sont issues. La recherche identifie les facteurs de stress pour les abeilles. Elle contribue à la préservation de la biodiversité. Elle participe aussi à la sécurité alimentaire. Les abeilles sont fondamentales pour la pollinisation. Elles soutiennent la durabilité des systèmes agricoles.
Cette recherche s’insère dans le projet Bee Better 2. Ce projet a duré de 2022 à 2024. Il a été financé par le Centre écologique Albert-Schweitzer. L’ONG a collaboré avec plusieurs partenaires. L’Interprofession miel du Burkina en faisait partie. Les centres apicoles WendPuiré et Selintaamba aussi. L’université Joseph-Ki-Zerbo et celle de Neuchâtel étaient impliquées. L’ex-Direction de développement de l’apiculture a participé. L’objectif était de réduire la pauvreté rurale. Il visait aussi à préserver la biodiversité. L’augmentation des revenus apicoles était un levier. Une meilleure intégration de l’apiculture dans les agrosystèmes était recherchée.
Ces données soulignent l’urgence de repenser l’usage des pesticides dans les systèmes agricoles.






