Le parti Pastef a tenu son congrès ordinaire le week-end dernier à Diamniadio. Cet événement s’est déroulé près de Dakar. Ousmane Sonko a été plébiscité par les militants. Il conserve la tête du parti. Cette situation intervient dans un climat de tensions avec le président Bassirou Diomaye Faye. Sonko bénéficie d’une légitimité militante solide. Peu de responsables politiques peuvent se vanter d’un tel soutien. Il se positionne naturellement pour la présidentielle de 2029.
Cette victoire est le résultat d’une stratégie construite avec patience. Sonko est l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale. Il n’a pas exclu les cadres du parti qui ont rejoint le gouvernement. Le Pastef avait refusé d’y participer en tant qu’organisation politique. Il a maintenu Diomaye Faye comme président d’honneur. Cette décision préserve l’unité apparente du parti. Sonko a consolidé progressivement son propre leadership. Ses critiques répétées envers le chef de l’État semblent calculées. Son limogeage du poste de Premier ministre lui a offert une occasion. Il s’est présenté comme une victime de marginalisation politique. Ce congrès était le premier depuis la création du Pastef en 2014. De nombreux analystes l’ont perçu comme un référendum interne. Le verdict des militants a été sans appel. Le score et la participation rappellent les plébiscites des régimes à parti unique.
Ceux qui voient déjà la candidature de 2029 pour Sonko doivent être prudents. En politique, les victoires éclatantes peuvent annoncer des revers inattendus. Bassirou Diomaye Faye reste président de la République. Il dispose de l’autorité institutionnelle et de la visibilité internationale. Il contrôle les leviers du pouvoir d’État. Trois années représentent une durée considérable en politique. Les fidélités et les alliances les plus solides peuvent vaciller. La difficulté semble aujourd’hui se situer du côté du chef de l’État. Une confrontation directe avec Sonko paraît périlleuse. Sonko conserve l’adhésion de la base militante. Il exerce une influence déterminante sur le parti. Une dissolution de l’Assemblée nationale représenterait un pari risqué.
Une alliance avec des forces politiques extérieures au Pastef pourrait alimenter un procès en trahison. Les partisans les plus fervents de Sonko instruit déjà ce procès contre Diomaye Faye. Sonko sort renforcé de ce congrès. Il n’a pas intérêt à humilier Diomaye Faye. Ce dernier n’a aucun intérêt à affronter Sonko sur le terrain du parti. Transformer une rivalité de leadership en guerre de succession serait dangereux. Cela compromettrait leurs trajectoires respectives. Cela hypothéquerait l’expérience politique qu’ils ont construite ensemble. Cette expérience a suscité des espoirs au Sénégal et au-delà. L’heure ne doit être ni à la rupture ni à la soumission. Les deux figures doivent trouver un modus vivendi. Ce compromis préserverait leur avenir politique et la cohésion du mouvement. Sinon, la démonstration de force de Sonko pourrait devenir le point de départ d’une lutte de survie pour Diomaye. Les conséquences seraient imprévisibles pour les deux hommes et pour l’avenir du Pastef.






