SOBUMET : la protection des travailleurs au cœur du développement

La Société burkinabè de médecine du travail (SOBUMET) a ouvert son deuxième congrès scientifique le 11 mai 2026. La rencontre se déroule jusqu’au 13 mai à Ouagadougou. Les participants abordent le rôle de la sécurité et de la santé au travail dans le développement durable et endogène en Afrique.

La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par trois ministres. Mathias Traoré, ministre des Serviteurs du peuple, a lu le discours du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Selon ce discours, sans sécurité et santé au travail, le développement est impossible. Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Adjima Thiombiano, étaient également présents.

Le Premier ministre a dressé un constat préoccupant. Plus de 80 % des travailleurs exercent dans le secteur informel. Beaucoup n’ont ni couverture sociale ni suivi médical. Les services de santé au travail ne touchent que 5 à 10 % de la population active. Les accidents du travail et les maladies professionnelles coûtent plus d’un milliard de francs CFA par an aux organismes de prévoyance sociale. Le chef du gouvernement a invité les congressistes à formuler des recommandations concrètes pour les pouvoirs publics.

Le ministre de la Santé a insisté sur le lien entre santé au travail et santé publique.

« Nous avons souvent tendance à cloisonner la santé. Pourtant, les travailleurs ne laissent pas leur santé à la porte de l’usine, du bureau ou du chantier », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que les maladies professionnelles, les accidents et les risques psychosociaux sont des défis pour le système national de santé. La coprésidence tripartite du congrès montre la complémentarité entre les ministères concernés.

La présidente de la SOBUMET, Pr Marthe Sandrine Sanou Lompo, a salué la mobilisation des médecins du travail.

« Durant ce congrès, il est attendu des conférences, des ateliers, des panels, des communications orales et des communications affichées. Nous allons aller à l’essentiel pour aboutir à des conclusions pertinentes et faire des recommandations pour accompagner les décisions que voudront bien prendre les autorités dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail des travailleurs », a-t-elle affirmé.

Elle a souligné que la santé est le capital le plus précieux du travailleur. Un travailleur en bonne santé est un atout pour la production des entreprises. Tous les acteurs – employeurs, travailleurs, représentants du personnel et autorités – doivent partager cette responsabilité.

Ce deuxième congrès se distingue du premier par son ancrage dans les priorités nationales. La SOBUMET a aussi posé des actes concrets. Elle a offert des équipements de protection individuelle à l’initiative Faso Mêbo. Des gants, des casquettes, des bottes et des chaussures de sécurité ont été distribués. Ce geste vise à sensibiliser sur la protection des travailleurs exposés à des risques professionnels.

Après la cérémonie, les officiels ont visité des stands d’exposition. Ceux-ci présentaient des équipements de protection, des outils de prévention et des projets de structures engagées pour la santé et la sécurité au travail.

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