À Léo, dans la province de la Sissili, un musée pas comme les autres prend forme. Il s’appelle « Tikeli », ce qui signifie « le grenier » en langue gourounsi. Omar Ouédraogo en est le créateur. Il restaure de vieilles motos et fait revivre des savoirs anciens.
Le site se trouve au secteur 3 de Léo. Il n’est achevé qu’à moitié. Mais il attire déjà l’attention. Le projet mêle mécanique rétro et culture traditionnelle. Il veut créer une mémoire collective et former les jeunes.
La visite commence par une aire remplie de motocyclettes et de vélos. On y voit la célèbre mobylette Cady, surnommée « la bleue ». On y trouve aussi la première moto de la gendarmerie de Haute-Volta.
« C’est la toute première pièce de ma collection, explique Omar Ouédraogo. Je l’ai acquise auprès d’un vieil homme qui n’est plus de ce monde aujourd’hui. C’est le genre d’engin qu’un jeune fonctionnaire utilisait à l’époque lorsqu’il commençait à travailler. »
Le promoteur vient d’une famille de mécaniciens. Il a passé son enfance à réparer des P50, des Kamiko et des motos à trois vitesses. Sa passion l’a poussé à commencer cette collecte il y a vingt ans.
Il rachète les engins aux ferrailleurs pour les sauver de la destruction. Une P50 se négocie à 10 000 francs CFA au lieu de 5 000 ou 6 000 francs CFA. Ensuite, un mécanicien la restaure avec soin. Des familles de la région ont aussi fait don de vieux véhicules.
Le musée ne se limite pas à la mécanique. Un village traditionnel a été reconstitué en terre battue. On y trouve des habitats typiques Nuni, Mossi, Lobi et Peulh. Des femmes y battront le mil, écraseront les céréales ou produiront du beurre de karité.
« Ce sera un musée vivant, affirme Omar Ouédraogo. Quand les visiteurs arriveront, ils verront des actrices en mouvement. »
Un espace est prévu pour les contes, animé par des conteurs. Un podium accueillera la musique et les danses traditionnelles de la région. Les écoliers pourront apprendre les techniques ancestrales.
Le promoteur voit ce projet comme un levier pour l’économie locale. Il espère que les touristes venus de Ouagadougou logeront dans les hôtels de Léo et mangeront dans ses restaurants. Le musée n’est pas encore ouvert officiellement. Il reste à recruter du personnel et à finaliser les infrastructures.
Omar Ouédraogo a informé le ministère de la Culture. Il attend un soutien institutionnel. Il lance un appel aux autorités et à la population pour qu’ils viennent découvrir ce lieu. Selon lui, l’avenir du pays se construit sur ses valeurs endogènes.






