Au Burkina Faso, Esther Sanou épouse Ilboudo milite pour l’usage de protections menstruelles réutilisables. Elle dirige l’association Moussokaann et une entreprise nommée Dame d’Afrique. Cette structure fabrique des serviettes hygiéniques lavables, des couches pour bébés et adultes, ainsi que des coussinets d’allaitement.
L’engagement de Madame Ilboudo repose sur un constat précis. De nombreux foyers, en zone urbaine comme rurale, peinent à acheter des produits jetables. Ces articles à usage unique coûtent cher et génèrent des déchets. Les serviettes lavables offrent une alternative durable.
Un calcul simple montre l’avantage financier. Une femme dépense environ 1 200 francs CFA par mois pour des serviettes jetables. Cela représente 14 400 francs CFA par an. Sur deux ans, la somme atteint 28 800 francs CFA. Un kit de serviettes lavables coûte entre 6 000 et 8 000 francs CFA. Sa durée d’utilisation minimale est de deux ans.
L’aspect écologique est aussi important. Les produits jetables contiennent du plastique et polluent l’environnement. Les serviettes lavables sont confectionnées avec du Faso Danfani, un tissu local. Elles réduisent les déchets et sont plus respectueuses de la nature.
Les utilisatrices rapportent moins d’infections avec ces protections. Le confort est amélioré car les tailles s’adaptent aux besoins. L’hygiène menstruelle reste un sujet tabou dans de nombreuses communautés. Les filles manquent d’informations et de protections adaptées. Cette situation s’appelle la précarité menstruelle.
« Une femme qui lave régulièrement ses sous-vêtements peut également entretenir facilement une serviette hygiénique lavable », explique Esther Sanou épouse Ilboudo.
L’association Moussokaann mène des campagnes de sensibilisation. L’objectif est de briser les tabous autour des menstruations. Les femmes et les jeunes filles reçoivent des conseils pratiques. La fabrication locale de protections réutilisables contribue à alléger leur quotidien.
Madame Ilboudo est juriste et conseillère d’entreprise. Elle est experte en gestion des plaintes et en droits de l’homme. Elle travaille aussi sur la prévention des conflits et des violences basées sur le genre. Son parcours professionnel renforce son action associative.






