Le danseur et chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly a partagé sa vision. Il s’est exprimé lors du Marché des arts africains d’Abidjan. L’artiste a présenté son spectacle intitulé « C’ la vie ». Cette création rassemble des artistes de sept nationalités différentes. Pour lui, l’identité artistique dépasse les limites géographiques établies.
Je me considère Africain, je ne vais pas me limiter aux frontières que les autres nous ont fixées
Il a prononcé ces mots après la représentation de son œuvre. Son spectacle propose une analyse des sociétés modernes. Il aborde des thèmes comme l’individualisme et les crises récurrentes. La pièce explore les contradictions du monde contemporain. Elle mêle des éléments traditionnels aux réalités actuelles. Les interprètes ne portent pas de costumes folkloriques stricts. Serge Aimé Coulibaly explique sa position sur la tradition.
La tradition, ce n’est pas le vêtement ; c’est l’action
Son approche se veut ancrée dans le présent africain. Il cherche à refléter la vie des sociétés aujourd’hui. Le MASA représente pour lui un lieu de convergence. Cet événement facilite les rencontres entre créateurs de différents pays. Il permet aussi la circulation des œuvres sur le continent. Cependant, l’artiste note une difficulté persistante. La mobilité des artistes africains reste un problème. Elle dépend souvent de financements provenant de l’étranger. Un soutien plus efficace serait nécessaire selon lui. Cette interview a été réalisée par Samira Ouédraogo. La correspondante de Lefaso.net l’a rencontré à Abidjan. L’entretien a eu lieu pendant la 14e édition du MASA. Serge Aimé Coulibaly y défend une création sans frontières. Son travail chorégraphique en est la preuve concrète. Il unit des corps et des histoires diverses sur scène. Cette démarche artistique questionne les héritages et les futurs. Elle interroge la notion même d’appartenance culturelle. Le spectacle « C’ la vie » en est une manifestation. Il offre un regard à la fois critique et poétique. Les danses et les musiques dialoguent avec le public. Elles racontent des expériences humaines partagées. Le MASA sert de plateforme à de telles expressions. Il confirme son rôle important dans le paysage culturel. Les défis logistiques et financiers subsistent malgré tout. Les propos de l’artiste rappellent cette réalité économique. Ils appellent à une autonomie plus grande des créateurs. La vision panafricaine nécessite des moyens adaptés. Elle exige une circulation libre des personnes et des idées. Le travail de Serge Aimé Coulibaly illustre cette nécessité. Sa compagnie est un exemple de collaboration transnationale. Chaque représentation devient un acte de résistance symbolique. Elle défie les catégorisations habituelles et les cloisonnements. L’artiste puise dans un répertoire gestuel riche et multiple. Il transforme la scène en un espace de réflexion collective. Le public est invité à voir au-delà des apparences. La danse devient alors un langage universel et spécifique. Elle parle de l’Afrique et du monde simultanément. Cette dualité fonde l’originalité du projet artistique. Elle en assure aussi la résonance et la pertinence actuelle.






