Le week-end dernier, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a limogé son Premier ministre, Ousmane Sonko. Cette décision met fin à une cohabitation devenue difficile entre les deux dirigeants. Les tensions politiques s’étaient accrues au fil du temps. Les désaccords entre les deux têtes de l’exécutif étaient de plus en plus ouverts.
Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission de la présidence du Parlement. Il n’a pas quitté l’hémicycle. Ce geste de loyauté a ouvert la voie à Ousmane Sonko. L’ancien maire de Ziguinchor a demandé à réintégrer la Représentation nationale pour retrouver son mandat de député.
Le 26 mai 2026, le Parlement s’est réuni en séance extraordinaire pour élire son nouveau président. Ousmane Sonko a été élu avec 132 voix sur 133 votants. L’Assemblée nationale est largement dominée par le PASTEF, le parti au pouvoir. Le PASTEF compte 130 députés sur 165. Ousmane Sonko reste la figure de proue de ce parti.
Cette élection fait de Sonko la deuxième personnalité de l’État. Il devient le dauphin constitutionnel du président. Il peut désormais utiliser le pouvoir législatif pour bloquer l’action du gouvernement. Le conflit entre les deux anciens camarades de lutte semble consommé.
Bassirou Diomaye Faye cherche à s’émanciper de l’ombre de son ex-mentor. Il veut affirmer sa propre autorité. Ousmane Sonko, de son côté, n’entend pas rester dans l’ombre. Il estime avoir les cartes en main pour poursuivre ses ambitions présidentielles. Son éligibilité à la prochaine présidentielle reste incertaine. Le Conseil constitutionnel ne s’est pas encore prononcé sur cette question. Le nouveau Code électoral, adopté le 12 mai dernier, n’a pas encore été promulgué par le chef de l’État.
Cette rivalité ouverte au sommet de l’État expose le Sénégal à une crise institutionnelle. Le PASTEF risque de perdre sa cohésion. Un troisième larron pourrait profiter des divisions lors des prochaines élections. Les Sénégalais pourraient exprimer un vote-sanction. La raison doit prévaloir dans l’intérêt supérieur de la nation.






