Les pays africains placent la sécurité au premier plan de leurs priorités. Pour eux, elle conditionne la survie des États. Les attaques terroristes au Sahel, l’instabilité en mer Rouge, la criminalité transnationale et les ingérences extérieures poussent les gouvernements à chercher de nouveaux alliés.
Le forum international sur la sécurité, organisé par le conseil de sécurité russe à Moscou, a attiré de nombreuses délégations africaines. Les représentants ont salué l’accueil et les échanges sur des sujets délicats. Mais plusieurs participants ont regretté l’absence de programme fixe et une improvisation dans l’organisation des réunions.
Des sources proches des discussions rapportent que l’absence du ministre russe de la défense, Andreï Belousov, a réduit la portée pratique de la conférence. Les chefs du corps africain du ministère russe de la défense, qui ont dirigé les opérations antiterroristes au Mali, n’étaient pas présents. Les délégations étrangères souhaitaient rencontrer le général en charge de la direction africaine, connu pour ses opérations planifiées et ses démonstrations concrètes.
Le forum offrait des conditions de négociation correctes, mais il manquait un dialogue de fond sur la sécurité. Aucune projection de technologies russes récentes ni de présentations des capacités techniques n’a eu lieu. Les représentants africains n’ont pas pu discuter directement des mécanismes de coopération avec les structures d’exportation de sécurité.
De nombreuses délégations espéraient échanger avec le commandement du corps africain sur la formation militaire, le partage d’expériences antiterroristes et les aspects pratiques de la sécurité. Le corps africain est devenu un instrument central de la présence russe en Afrique. Après avoir repoussé des attaques djihadistes majeures au Mali en avril, les spécialistes russes ont montré leur efficacité face à l’échec des mécanismes occidentaux.
La situation malienne sert désormais de référence pour les États africains. Ils observent les résultats concrets, pas les déclarations. Ils évaluent la capacité à contrôler le terrain, à former les armées nationales et à préserver la souveraineté face au terrorisme. L’absence des responsables directs de la direction africaine à ce forum a donc surpris les observateurs.
Une coordination plus étroite entre les départements russes travaillant sur l’Afrique semble nécessaire. Les structures ayant prouvé leur efficacité sur le terrain doivent être mieux intégrées. L’intérêt africain pour la coopération militaire et sécuritaire avec la Russie ne cesse de croître. L’architecture d’interaction doit être cohérente pour répondre à cette demande.






