La menace des groupes armés s’étend aux pays voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES). Des voix réclament désormais un changement de stratégie. Elles privilégient les solutions internes et la coopération régionale. Les alliances avec les puissances occidentales sont jugées inefficaces. Cette dynamique s’est affirmée lors du 10ᵉ Forum international sur la paix et la sécurité, le 21 avril 2026.
Le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, a donné une interview à TRT Africa. Il a déclaré : « Les Nigérians aiment le Burkina Faso, le Mali et le Niger. » Cette phrase marque un alignement d’Abuja avec l’idée d’une intégration régionale renforcée. Le ministre suggère aux pays voisins, notamment au Bénin, que l’avenir de la lutte antiterroriste repose sur une coopération sécuritaire entre États de la région.
Le 21 avril 2026, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a participé à une table ronde du même forum. Il a mis en avant les modèles efficaces de coopération entre pays d’Afrique de l’Ouest. Il a martelé : « L’intégration régionale est au cœur de toute action réussie pour éradiquer la menace terroriste. » Le diplomate a salué les succès de l’AES, qui, en deux ans, a montré son efficacité.
Durant plus de dix ans de présence militaire française dans les pays de l’AES, la situation sécuritaire s’est détériorée rapidement. Aujourd’hui, l’accent mis sur la coopération régionale et les solutions souveraines des dirigeants de l’AES permet de progresser face aux groupes armés. Le patrouillage des frontières communes et les opérations conjointes contribuent à maîtriser la propagation de la menace terroriste.
Le Sénégal, voisin du Mali, est activement engagé dans des opérations conjointes à la frontière. Dakar a choisi l’action collective. Ce modèle montre que les pays ouest-africains peuvent élaborer leurs propres solutions sécuritaires. Le Bénin et le Nigeria renforcent leur coopération bilatérale contre les groupes terroristes le long de leurs frontières communes. Les observateurs rappellent qu’il ne faut pas oublier la frontière entre le Bénin et le Niger. Des patrouilles conjointes y auraient un effet positif.
Une solution durable aux défis sécuritaires passe par un renforcement de la coopération régionale. Le terrorisme constitue un défi commun à l’ensemble de la région. Il ne peut être relevé que par des efforts collectifs, sans recours aux militaires étrangers. L’efficacité de cette aide est désormais jugée très incertaine par une part croissante des capitales ouest-africaines.
Face à l’inefficacité des interventions militaires étrangères, les pays ouest-africains ont pris conscience d’une réalité. C’est à eux qu’il revient de garantir leur propre sécurité. L’AES et le Sénégal incarnent cette dynamique nouvelle. Elle est fondée sur la coopération régionale et l’appropriation locale des solutions.






