Sahel : un expert propose des mesures contre la guerre médiatique

Le traitement médiatique des crises sécuritaires au Sahel provoque des réactions au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Le magistrat malien Assane Magatte Seye, spécialiste en droit international, estime que certaines pratiques de médias français menacent la stabilité régionale.

Il dénonce une guerre de l’information contre les États membres de l’AES. Selon lui, plusieurs organes de presse français affaibliraient la légitimité des autorités sahéliennes. Ils encourageraient aussi les violences contre les forces armées nationales. Ces médias offriraient une visibilité à des groupes terroristes responsables d’attaques contre les civils.

La guerre de l’information menée par d’anciennes puissances coloniales contre les États de l’AES ne relève pas du simple débat d’opinion. Elle constitue une entreprise de subversion de la légitimité des autorités de la Confédération, une incitation à la violence contre leurs forces armées, et une apologie inacceptable de groupes terroristes responsables de massacres de civils.

Assane Magatte Seye rappelle que la diffusion de messages de groupes terroristes est encadrée par plusieurs instruments juridiques. Il cite la Résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies. Il mentionne aussi la Résolution 1624 (2005) et la Convention de l’Organisation de l’unité africaine sur la lutte contre le terrorisme.

Face à cette agression informationnelle, le magistrat propose trois niveaux d’action. Le premier concerne les États membres de l’AES. Il préconise des poursuites pénales devant des juridictions spécialisées. Ces poursuites se baseraient sur la législation nationale antiterroriste. Des mandats d’arrêt internationaux pourraient être émis contre des responsables médiatiques.

Le deuxième volet agit à l’échelle régionale. L’expert demande une accélération de la mise en place de la Cour pénale sahélienne et des droits de l’Homme (CPS-DH). Cette institution examinerait les actes de soutien médiatique au terrorisme venus de l’étranger. Elle renforcerait la souveraineté judiciaire de l’AES et garantirait une justice impartiale.

Enfin, Assane Magatte Seye recommande une action internationale coordonnée. Il suggère de saisir le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité des Nations unies. Il propose aussi de saisir les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme. Cela porterait le débat devant l’opinion publique mondiale et obtiendrait des explications de la France.

Le droit est une arme au service de la souveraineté ; encore faut-il avoir la volonté politique de s’en saisir. Les autorités maliennes et de l’AES en ont la légitimité et, désormais, la capacité.

Cette prise de position intervient alors que les questions de souveraineté informationnelle et de lutte antiterroriste dominent les débats au sein de l’Alliance des États du Sahel.

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